Un an et demi après le passage dévastateur du cyclone Chido, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reconnu une lenteur préoccupante dans la reconstruction de Mayotte. À la veille de son premier déplacement officiel dans l'archipel, le chef du gouvernement a adressé un courrier aux élus locaux pour promettre une accélération concrète des projets structurants, alors que les tensions sociales s'intensifient sur le territoire.
Un décalage entre financements et exécution
Malgré l'adoption de la loi quinquennale 2026-2031 et la mobilisation de 4 milliards d'euros, les résultats sur le terrain restent insuffisants. Sébastien Lecornu souligne qu'en 2026, seulement 11,7 % des crédits délégués, soit 54 millions d'euros, ont été effectivement dépensés. Le Premier ministre pointe du doigt une accumulation de freins structurels : lourdeurs administratives, désordre foncier, manque d'ingénierie locale et dispersion des responsabilités. Il insiste sur le fait que le problème n'est plus financier, mais opérationnel.
Priorités et projets structurants maintenus
Le gouvernement réaffirme le caractère irréversible des grands chantiers prévus, incluant la construction d'un second hôpital, d'un nouvel aéroport, d'une usine de dessalement et d'un établissement pénitentiaire supplémentaire. Face aux craintes liées au contexte budgétaire national, le Premier ministre a assuré qu'aucune mesure d'économie ne serait appliquée au détriment de Mayotte. Parallèlement, le déplacement sera l'occasion d'aborder des enjeux régaliens majeurs, notamment la lutte contre l'immigration clandestine et la sécurisation des espaces maritimes dans l'Océan indien.
Un nouveau mécanisme de suivi interministériel
Pour garantir le respect des engagements, Matignon instaure un comité de suivi interministériel qui se réunira mensuellement. Sébastien Lecornu a également convié les maires de l'archipel et le président du département-région, Ben Issa Ousséni, à une réunion de travail à Paris en novembre prochain, lors du Congrès des maires. Le Premier ministre s'est engagé à revenir sur place début 2027 pour évaluer les avancées, alors qu'une intersyndicale a d'ores et déjà appelé à la mobilisation pour réclamer une revalorisation salariale face à la vie chère.