Le ministre mauricien des Affaires étrangères, Ritish Ramful, a profité d’une session à l’ONU le 26 septembre 2026 pour réaffirmer que la souveraineté de Maurice sur les îles Chagos est non négociable, avant de rappeler la nécessité de reprendre les discussions avec la France sur l’île Tromelin, un territoire contesté depuis plusieurs années.
Appel officiel du ministre à Paris
Dans son discours, Ritish Ramful a directement sollicité le gouvernement français afin qu’il revienne à la table des négociations concernant Tromelin. L’île, située dans l’océan Indien, est administrée de fait par la France mais revendiquée par Maurice, qui estime que son droit de souveraineté n’a jamais été cédé. Le ministre a souligné que la reprise des pourparlers était indispensable pour débloquer une situation qui « nuit aux relations bilatérales et à la stabilité régionale ».
Un différend gelé depuis l’abandon du projet de cogestion
Le contentieux de Tromelin remonte à la période coloniale, mais les pourparlers les plus récents ont abouti à un projet de cogestion entre les deux pays. Ce projet, envisagé il y a quelques années, visait à partager la gestion de l’île, notamment en matière de protection environnementale et de recherche scientifique. Selon les déclarations officielles, la France a finalement abandonné cette initiative, laissant le dossier en suspens et sans cadre juridique clair.
Conséquences pour les relations bilatérales et le droit international
La relance de la question par Maurice intervient dans un contexte où le pays renforce sa position sur les Chagos, suite à la décision de la Cour internationale de Justice qui a reconnu le droit à l’autodétermination du peuple chagossien. En liant les deux dossiers, le ministre cherche à créer un effet de levier diplomatique, rappelant que la reconnaissance de la souveraineté mauricienne sur les Chagos ne peut être dissociée d’une solution équitable pour Tromelin. Les analystes estiment que la reprise des négociations pourrait ouvrir la voie à un accord de partage ou à une éventuelle rétrocession, mais soulignent également que la France reste prudente, invoquant des considérations de sécurité et de préservation du patrimoine naturel de l’île.