Une plainte déposée auprès de la Commission contre les crimes financiers de Maurice accuse un proche du Premier ministre de réclamer 350 millions de roupies (environ 6,4 millions d’euros) pour intervenir en faveur du milliardaire malgache Mamy Ravatomanga, détenu sur le territoire mauricien depuis près d’un an.
Une plainte formelle et un enregistrement audio
Le plaignant a présenté à la Commission contre les crimes financiers un enregistrement d’une conversation WhatsApp où l’on entendrait la demande de la somme sus‑mentionnée. Cette démarche vise à faire la lumière sur une éventuelle tentative de corruption visant à obtenir une faveur officielle pour Ravatomanga, dont la détention à Maurice est liée à des enquêtes financières transnationales.
Le proche du Premier ministre au cœur de l’affaire
Selon les informations fournies, l’individu mis en cause appartient au premier cercle du Premier ministre mauricien, ce qui soulève des questions sur l’influence exercée au plus haut niveau de l’exécutif. Aucun nom n’a été rendu public, mais la proximité avec le chef du gouvernement implique un risque de perception de collusion entre les autorités publiques et des intérêts privés étrangers.
Conséquences pour la lutte anti‑corruption à Maurice
Cette enquête intervient alors que Maurice renforce son cadre juridique contre le blanchiment d’argent et les crimes financiers, notamment depuis l’adoption de la loi de 2022 sur la transparence des bénéficiaires effectifs. Une procédure judiciaire ouverte contre un proche du Premier ministre pourrait tester la capacité des institutions mauriciennes à appliquer ces normes de façon indépendante, et à rassurer les partenaires internationaux sur la crédibilité du pays en matière de gouvernance.
Contexte de l’affaire Ravatomanga et ses liens avec Madagascar
Mamy Ravatomanga, milliardaire malgache et proche de l’ex‑président Andry Rajoelina, est incarcéré à Maurice depuis plus d’un an dans le cadre d’une enquête sur des flux financiers douteux. Son cas illustre les tensions entre les élites politiques de Madagascar et les juridictions offshore, où les autorités mauriciennes sont sollicitées pour coopérer. La révélation d’une possible demande de pot‑de‑vin pour faciliter son dossier accentue la dimension internationale de l’affaire.