Le gouvernement mauricien a décrété un couvre-feu nocturne dans dix régions du pays, une mesure exceptionnelle qui n'avait plus été appliquée depuis la crise sanitaire mondiale. Cette décision fait suite à une série d'émeutes urbaines marquées par le saccage de postes de police et la destruction de biens publics, dans un climat social déjà fragilisé par des pénuries d'eau récurrentes.
Une bavure policière comme catalyseur
L'origine des tensions remonte au vendredi 9 octobre, lorsqu'une jeune femme de 27 ans a été grièvement blessée par balle lors d'un barrage policier. Cet incident, qualifié de bavure, a suscité une vive indignation au sein de la population. En réponse, les autorités ont procédé à l'arrestation du policier auteur du tir ainsi que de trois de ses collègues. Ce drame est venu exacerber un mécontentement populaire préexistant, alimenté par des coupures d'eau prolongées dues à une sécheresse persistante, qui avait déjà poussé les habitants à manifester la semaine précédente.
Déploiement d'un couvre-feu ciblé
Face à l'escalade des violences dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 octobre, le Premier ministre Navin Ramgoolam a annoncé l'instauration d'un couvre-feu de 20h30 à 6h du matin. Cette restriction de circulation concerne dix régions administratives, principalement situées en périphérie des centres urbains, couvrant environ un tiers du territoire national. Le chef du gouvernement a souligné le caractère évolutif de cette mesure, qui pourrait être prolongée en fonction de l'évolution de la situation sécuritaire sur l'île.
Soupçons d'instrumentalisation politique et criminelle
Au-delà de la colère citoyenne, les autorités mauriciennes s'inquiètent d'une possible récupération des troubles. Selon les renseignements communiqués par le gouvernement, certaines actions violentes, telles que le blocage de routes et l'incendie de pneus, présenteraient des signes de coordination. Les autorités évoquent des liens potentiels avec des réseaux de trafic de drogue qui chercheraient à tirer profit de l'instabilité actuelle. Le Premier ministre a promis une réponse ferme pour identifier et poursuivre les instigateurs de ces violences, tout en appelant la population au calme pour restaurer l'ordre public.