Alors que la gauche française traverse une crise de division, le banquier et patron de médias Matthieu Pigasse a plaidé ce week-end pour une union face à la montée de l’extrême droite, lors des journées d’été des Écologistes à Grenoble. Dans un discours teinté de références historiques, il a comparé la situation actuelle à un « moment prérévolutionnaire » et appelé à une « table rase du passé » pour construire un avenir commun. Son intervention s’inscrit dans une stratégie plus large de mobilisation des forces progressistes avant 2027.
Un « tiers état » face aux privilèges de la droite radicale
Matthieu Pigasse, souvent présenté comme un héritier malgré son parcours autodidacte, a choisi de se définir comme un « tiers état » pour contrer les accusations de privilèges. « Moi je ne suis pas noble, je fais partie du tiers état », a-t-il lancé, tout en reconnaissant avoir « acquis un certain nombre de privilèges ». Cette posture, mêlant autodérision et provocation, vise à incarner une gauche moderne, éloignée des élites traditionnelles. Son discours s’appuie sur une critique acerbe de la « monarchie technocratique agonisante » en France, qu’il présente comme une menace pour la démocratie.
La bataille culturelle : un enjeu clé pour les Écologistes
Lors de son intervention, Pigasse a mis l’accent sur la « bataille culturelle » que les Écologistes doivent mener contre l’extrême droite. Il a souligné leur rôle central dans des domaines comme le réchauffement climatique ou la gestion de l’eau, tout en pointant du doigt « la grande efficacité des médias de droite radicale ». Pour lui, la division des médias de gauche est un frein majeur à cette lutte. « Il faut mener cette bataille ensemble. C’est vrai en matière de média et en matière politique », a-t-il martelé, appelant à une coordination renforcée avec La France Insoumise et le Parti socialiste.
Un appel à l’union de la gauche avant 2027
Pigasse, qui enchaîne les meetings avec les différents partis de gauche, a réitéré son engagement en faveur d’une union des forces progressistes. Après Grenoble, il s’est rendu aux journées d’été de La France Insoumise dans la Drôme, puis à celles des socialistes à Blois. Son objectif : éviter un « choc profond » qu’il juge inévitable si la gauche ne se mobilise pas. « Quand on combat on peut gagner et quand on combat ensemble on va gagner », a-t-il affirmé, en écho aux appels répétés de Marine Tondelier à une « nuit d’abolition des privilèges climatiques ». Une stratégie qui pourrait redéfinir les équilibres politiques à l’approche de l’élection présidentielle.