Un passager blessé par balle lors d’une attaque de coupeurs de route sur l’axe Ourossogui-Bakel illustre l’escalade de l’insécurité dans la région de Matam. Alors que les forces de sécurité multiplient les patrouilles, les habitants dénoncent l’insuffisance des moyens et la porosité des frontières avec la Mauritanie et le Mali.
Une attaque qui s’inscrit dans une série noire
Deux jours après un braquage avorté à Bouynadji, une nouvelle tentative de vol à main armée a visé des véhicules de transport en commun sur la nationale reliant Ourossogui à Bakel, dans le département de Kanel. Les occupants des minibus ont réussi à fuir, mais un passager a été grièvement blessé et évacué vers un centre de santé. Ces incidents répétés révèlent une stratégie criminelle qui cible les axes routiers stratégiques de la région.
Des frontières poreuses, un défi sécuritaire majeur
Les populations du Dandé Mayo, zone particulièrement enclavée, pointent du doigt la porosité des frontières avec la Mauritanie et le Mali. Selon un notable local, les groupes armés exploitent ces failles pour circuler entre les pays, rendant les patrouilles actuelles insuffisantes. « Les régions de Matam et de Tambacounda sont les plus exposées », souligne-t-il, critiquant l’absence de mobilité des forces de sécurité, souvent cantonnées aux axes goudronnés.
Des patrouilles limitées et des moyens insuffisants
Malgré les rondes régulières des gendarmes et des unités des Forces de défense et de sécurité, les riverains estiment que les effectifs et les équipements restent inadaptés à l’ampleur de la menace. La gendarmerie de Ndendory, par exemple, serait confinée le long des routes principales, avec seulement quelques patrouilles entre Orkadiéré et Bakel. Pour les habitants, un renforcement urgent des moyens matériels et humains s’impose pour sécuriser cet axe frontalier.
Quelles solutions pour Matam ?
Face à cette crise sécuritaire, les autorités sont appelées à agir sur deux fronts : le déploiement accru de patrouilles mobiles et le renforcement des contrôles aux frontières. Une coordination régionale avec la Mauritanie et le Mali pourrait également limiter la mobilité des groupes armés. Sans réponse rapide, le risque est une généralisation des attaques, avec des conséquences économiques et sociales pour une région déjà fragilisée.