Le député Pastef Amadou Ba a dénoncé les effets potentiels d’une vague de licenciements qui a touché 87 directeurs généraux et présidents de conseils d’administration du secteur parapublic sénégalais. Selon lui, les délais de transition et les profils des nouveaux dirigeants risquent de freiner l’efficacité de l’action publique et de contrecarrer les mesures d’austérité annoncées.
Un temps de transition estimé entre trois et huit mois
Ba estime que la période nécessaire pour assurer le passage de consignes et la prise en main des missions par les nouveaux responsables pourrait s’étendre de trois à huit mois. Pendant cet intervalle, les services publics fonctionnent à capacité réduite, ce qui se traduit, selon le député, par une perte financière directe et une diminution de la réactivité administrative, notamment dans un contexte de réformes structurelles en cours.
Des nominations jugées incompatibles
Parmi les remplacements, le parlementaire relève la nomination de plusieurs maires, souvent désignés comme « transhumants », qui cumulent leurs fonctions locales avec la direction d’agences parapubliques. Cette double casquette, selon lui, crée des conflits d’intérêts et compromet la gestion efficace des structures, les nouvelles responsabilités étant parfois incompatibles avec les exigences opérationnelles des postes.
Une remise en cause de la rationalisation du secteur parapublic
Le député souligne que l’arrivée de 87 nouveaux dirigeants marque, à son sens, l’abandon du projet de rationalisation de l’État, notamment les programmes de fusion ou de suppression d’agences. Cette orientation, il le craint, freine les efforts de simplification administrative et maintient un nombre élevé d’entités publiques, avec un coût budgétaire supplémentaire.
Incohérence entre austérité et multiplication des postes de direction
Enfin, Ba interroge la cohérence d’une politique d’austérité qui impose des sacrifices aux ménages tout en multipliant les nominations à la tête d’organismes publics. Il y voit un risque de clientélisme politique, où les postes sont attribués à des soutiens du pouvoir plutôt qu’à des technocrates, ce qui, selon lui, affaiblit la crédibilité des mesures d’économies annoncées par le gouvernement.