Alors que la bande de Gaza sombre dans une crise humanitaire sans précédent, des centaines de Marocains restent pris au piège, confrontés à la famine, aux bombardements et à l’effondrement des infrastructures. Malgré les appels répétés, aucune évacuation massive n’a encore permis de les sortir de l’enclave assiégée.
Une population en sursis face à l’effondrement humanitaire
La situation à Gaza s’aggrave chaque jour, avec un risque de famine généralisée d’ici la fin 2026, selon les projections de l’IPC. Plus de 1,2 million de personnes souffrent déjà d’insécurité alimentaire sévère, tandis que l’aide humanitaire, limitée à 200 camions par jour contre 600 prévus, ne parvient pas à combler les besoins. Les Marocains encore présents dans l’enclave, estimés entre 700 et 800, subissent les mêmes privations que la population locale, aggravées par leur statut de ressortissants étrangers sans accès prioritaire aux secours.
Les témoignages recueillis décrivent un quotidien marqué par la pénurie alimentaire, des abris de fortune délabrés et une insécurité permanente. Selon Mohamed Benkhadra Mossaddaq, directeur de la Ligue des Marocains de Gaza, 80 à 90 % des habitants vivent désormais sous des tentes, souvent inutilisables faute de moyens. Les femmes marocaines, notamment celles mariées à des Palestiniens, sont particulièrement vulnérables, certaines n’ayant pas pu revoir leur famille au Maroc depuis plus de cinq ans.
L’évacuation, une priorité humanitaire et diplomatique
Face à l’urgence, les appels à une nouvelle opération d’évacuation via le poste-frontière de Rafah se multiplient. Les autorités marocaines sont interpellées pour organiser des convois, alors que le passage reste temporairement accessible. Les Marocains bloqués à Gaza, dont certains ont perdu des proches depuis le début du conflit, réclament une action immédiate, soulignant que leur situation est devenue insoutenable.
Leïla Harkati, une Marocaine restée dans l’enclave, résume l’ampleur de la crise : « Nos vies ont été arrachées à leurs racines ». Elle insiste sur l’absence des besoins les plus élémentaires et l’urgence d’être entendue avant que la situation ne devienne irréversible. Malgré l’espoir placé dans une réponse du Maroc, les délais s’allongent, laissant des centaines de vies suspendues à l’incertitude.