Une cyberattaque d'envergure frappe les institutions sécuritaires marocaines. Le groupe de hackers « Jabaroot » a rendu publiques des informations confidentielles concernant environ 70 000 membres présumés des services de sécurité et de renseignement, marquant l'une des failles de sécurité les plus significatives pour le royaume.
Une base de données aux contours incertains
La fuite, diffusée via la messagerie Telegram, se compose de plusieurs fichiers contenant des matricules, des numéros de cartes d'identité, des coordonnées bancaires ainsi que des dates de naissance et de recrutement. Si la liste inclut des noms de hauts responsables, dont le patron de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), Abdellatif Hammouchi, la nature exacte de ces effectifs fait débat. Des experts soulignent que le fichier semble regrouper des profils variés, allant d'agents de terrain à des fonctionnaires administratifs, et que les données les plus récentes datent de 2020, suggérant une possible obsolescence des informations.
Le mode opératoire de Jabaroot
Le groupe « Jabaroot », dont le nom signifie « puissance » ou « domination », multiplie les actions contre les institutions marocaines depuis 2025. Après avoir ciblé la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale et les employés des palais royaux, les pirates semblent ici consolider des données issues de précédentes intrusions. Cette stratégie de compilation vise à maximiser l'impact médiatique et politique de leurs révélations, bien que certains observateurs locaux minimisent la portée de cette nouvelle fuite en la qualifiant de recyclage d'informations déjà compromises.
Enjeux géopolitiques et revendications
Au-delà de l'aspect technique, cette opération s'inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques marquées. Les auteurs de la fuite, présentés par certaines sources comme d'anciens agents des services marocains exilés en Europe, affirment agir en représailles à la gestion de la crise migratoire à Ceuta. En qualifiant ces données de « cadeau » adressé à l'Espagne, les hackers tentent d'alimenter les soupçons sur l'implication des services sécuritaires marocains dans les flux migratoires récents. Cette manœuvre souligne la vulnérabilité croissante des États face à l'instrumentalisation des données personnelles dans le cadre de conflits d'influence régionaux.