La compagnie britannique Predator Oil & Gas s'apprête à franchir une étape décisive dans l'exploration du bassin de Guercif, au Maroc, avec le lancement programmé du forage MOU-6. Ce nouveau puits d'exploration vise à évaluer précisément la qualité des réservoirs de gaz déjà identifiés et à valider la faisabilité d'une première phase d'exploitation commerciale. Ce projet intervient après plusieurs reports logistiques et des ajustements majeurs dans la compréhension géologique de la zone.
Les faits essentiels
Les préparatifs opérationnels pour le forage de MOU-6 sont désormais bien avancés sur le permis onshore de Guercif. Predator Oil & Gas a finalisé les contrats de forage, obtenu les autorisations environnementales requises et entamé les travaux de génie civil pour les installations de production. Les équipements nécessaires sont en cours d'assemblage sur site, tandis que les programmes techniques attendent l'approbation finale des autorités marocaines. Pour mener à bien cette opération, la compagnie a prolongé son accord avec Intrepid Drilling Limited pour l'usage de la plateforme Rig 101, sécurisant une fenêtre d'exécution exclusive allant du 1er août au 1er octobre 2026. Ce calendrier fait suite à plusieurs retards logistiques liés à des perturbations régionales, le forage ayant initialement été planifié pour fin 2025 puis pour le premier semestre 2026. Le puits MOU-6 ciblera, à environ 950 mètres de profondeur, la structure déjà traversée par les puits MOU-1 et MOU-3, où la présence de gaz a été confirmée.
Pourquoi c'est important
Ce forage représente un tournant stratégique pour l'avenir énergétique de la région de Guercif. Predator estime actuellement à 61,95 milliards de pieds cubes nets ses ressources gazières contingentes de catégorie 2C sur la structure MOU-1/MOU-3. L'enjeu de MOU-6 est de caractériser précisément ces formations pour déterminer si elles justifient un développement industriel. La compagnie envisage notamment de mettre en place un projet pilote de gaz naturel comprimé (GNC) destiné en priorité au marché industriel marocain, voire une unité de micro-liquéfaction. De plus, les données recueillies permettront d'analyser le potentiel des réservoirs dits « semi-conventionnels » et de gaz biogénique, pour lesquels Predator s'est rapprochée d'un partenaire expérimenté en Roumanie. Enfin, ce puits doit consolider la nouvelle interprétation géologique du bassin, après que le forage de MOU-5 en mars 2025 a révélé de l'hélium et d'importantes couches de sel et d'anhydrite au lieu de la cible carbonatée initialement prévue.
Ce qu'il faut surveiller
La réussite de cette campagne d'exploration dépendra de plusieurs étapes clés à court et moyen terme. À court terme, après la réalisation de MOU-6, Predator Oil & Gas prévoit de déplacer ses équipes vers Trinité-et-Tobago pour y mener le forage de Snowcap-3. Au Maroc, la transition de la phase d'exploration vers une exploitation commerciale reste suspendue à la confirmation rigoureuse des volumes de gaz, à la réussite des tests de productivité et au choix définitif du dispositif technique. Un autre point crucial à suivre sera la capacité de la compagnie à structurer un partenariat stratégique et financier. Ce partenariat est indispensable pour financer non seulement le forage actuel et les opérations d'évaluation, mais aussi la future phase de développement pilote. Enfin, l'intégration de la production au marché local sera facilitée par la proximité des infrastructures d'exportation existantes autour de la structure cible, un atout logistique majeur à concrétiser.