Alors que l'inflation au Maroc a basculé en territoire négatif en juillet, atteignant -0,6%, le débat sur une nouvelle baisse du taux directeur semble s'essouffler. À l'approche du prochain Conseil de Bank Al-Maghrib, les analystes et investisseurs privilégient le statu quo, soulignant que la vigueur de la croissance et les incertitudes internationales priment désormais sur le reflux des prix.
Une croissance économique qui tempère l'urgence
L'économie marocaine affiche une dynamique robuste qui réduit la nécessité d'un assouplissement monétaire immédiat. Avec une progression du PIB projetée à 5,1% pour l'ensemble de l'année 2026, portée par le redressement du secteur agricole et le dynamisme de l'investissement, le besoin de stimuler l'activité par une baisse des taux est moins prégnant. Si l'inflation a marqué un recul notable, notamment sur les produits alimentaires et les carburants, les experts considèrent ce phénomène comme potentiellement transitoire, invitant à une grande prudence avant de modifier la politique monétaire.
Déficit commercial et pressions internationales
Le maintien du taux directeur à 2,25% s'explique également par des facteurs structurels et externes. Le déficit commercial s'est creusé de 26,5% à fin juillet, atteignant 244,7 milliards de dirhams, sous l'effet d'une hausse des importations. Parallèlement, le contexte international reste marqué par des tensions sur les cours de l'énergie et une incertitude persistante concernant les décisions des grandes banques centrales mondiales. Ces éléments, combinés à une hausse des taux sur le marché obligataire, incitent les autorités monétaires à conserver une marge de manœuvre plutôt qu'à s'engager dans un nouveau cycle de baisse.
Un consensus prudent chez les investisseurs
Le sentiment général au sein de la place financière marocaine est à la stabilité. Selon une enquête menée auprès d'investisseurs institutionnels, l'unanimité se dégage en faveur d'un maintien du taux directeur lors de la réunion du 22 septembre. Cette position reflète une lecture lucide des indicateurs : si le crédit bancaire au secteur non financier devrait progresser de 6,8% en 2026, les conditions de financement à court terme montrent un léger durcissement. Pour les acteurs économiques, la priorité est désormais d'attendre une meilleure visibilité sur la pérennité de la désinflation et sur l'évolution des équilibres extérieurs du pays.