Maroc : les partis politiques sommés de placer la migration au cœur des programmes de 2026

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 23 lectures
Maroc : les partis politiques sommés de placer la migration au cœur des programmes de 2026

Avec les législatives de septembre 2026 en ligne de mire, une note de plaidoyer publiée à Oujda appelle les partis politiques marocains à inscrire la migration et l’asile au cœur de leurs programmes électoraux. Ses auteurs soulignent l’urgence de passer d’une gestion ponctuelle à une approche structurée, fondée sur des réformes durables et une coordination renforcée entre les acteurs institutionnels.

Les faits essentiels

Une note intitulée « Intégrer les questions de migration et d’asile dans les programmes électoraux du 23 septembre 2026 » a été présentée lors d’une rencontre organisée par l’Association des Pionniers du Changement et de la Culture. Le document identifie sept engagements prioritaires, dont la révision de la loi n° 02.03 de 2003 sur l’entrée et le séjour des étrangers, l’adoption d’un cadre légal national pour l’asile, et la modification du Code du travail pour faciliter l’emploi des migrants en situation régulière.

Les auteurs recommandent également l’institutionnalisation d’une structure permanente chargée de coordonner la politique migratoire, ainsi que l’allocation de crédits budgétaires pérennes pour financer ces réformes. Ils plaident pour une meilleure intégration des Marocains résidant à l’étranger dans les orientations nationales et pour la création de mécanismes d’évaluation des politiques publiques dans ce domaine.

Le texte critique l’absence de cadre réglementaire spécifique en matière d’asile, la dispersion des interventions ministérielles et la dépendance aux financements extérieurs. Il met en lumière les limites de la Stratégie nationale d’immigration et d’asile lancée en 2014, malgré les deux opérations de régularisation ayant bénéficié à plus de 50 000 personnes.

Pourquoi c'est important

L’enjeu dépasse le cadre électoral : il s’agit de répondre à une crise de confiance envers les partis politiques, tout en alignant le Maroc sur les standards internationaux en matière de droits humains. Une politique migratoire claire et cohérente pourrait renforcer la stabilité sociale et la crédibilité du pays, notamment dans un contexte où le Royaume s’apprête à accueillir des événements internationaux majeurs.

La réforme du cadre juridique actuel, jugé obsolète sur plusieurs points (délais de recours, procédures d’expulsion, regroupement familial), est présentée comme une nécessité pour concilier protection des droits et impératifs de sécurité. L’adoption d’une loi nationale sur l’asile et la révision des sanctions liées à la migration irrégulière visent à distinguer les migrants des réseaux criminels, tout en garantissant une meilleure protection des victimes de traite.

Ce qu'il faut surveiller

Plusieurs points restent en suspens, à commencer par l’adoption effective des réformes proposées. La création d’une structure nationale permanente de coordination, bien que recommandée, n’a pas encore été actée. De même, l’allocation de crédits budgétaires pérennes dépendra des priorités politiques des futurs gouvernements.

Les prochaines étapes incluent la traduction des engagements électoraux en mesures concrètes, ainsi que la mise en place d’un système d’indicateurs pour évaluer l’efficacité des politiques migratoires. Les partis devront également clarifier leur position sur l’intégration des migrants, notamment en matière d’accès à l’éducation, aux soins et aux droits syndicaux, sans négliger les défis liés à la lutte contre les discours de haine et les discriminations.

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