Maroc : les associations exigent des précisions sur l'application de la loi relative aux animaux errants

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 19 lectures
Maroc : les associations exigent des précisions sur l'application de la loi relative aux animaux errants

L'entrée en vigueur de la loi n°19.25, publiée au Bulletin officiel en août 2026, marque une étape dans la protection animale au Maroc. Toutefois, les acteurs associatifs appellent à une clarification urgente des textes d'application pour concilier bien-être animal, hygiène publique et sécurité des citoyens.

L'impératif de clarifier les textes d'application

Si la nouvelle législation criminalise désormais la torture et les mauvais traitements, les associations de protection animale, dont l'Association Erham, soulignent des zones d'ombre persistantes. La présidente Zineb Takan insiste sur la nécessité de définir précisément les articles 5 et 44 afin d'éviter des interprétations divergentes sur le terrain. L'enjeu est de sécuriser juridiquement les bénévoles et les citoyens qui souhaitent secourir des animaux blessés ou en danger, sans craindre de sanctions arbitraires.

Vers une gestion durable par la méthode TNVR

Les défenseurs des animaux plaident pour une généralisation de la méthode TNVR (Capture, Stérilisation, Vaccination, Retour). Cette approche, déjà esquissée dans une convention-cadre de 2019, est jugée plus scientifique et humaine que les opérations de capture massive ou d'abattage, encore signalées dans certaines localités. Pour Ahmed Tazi, président de l'Association ADAN, le retour des animaux sur leur lieu de capture est essentiel pour maintenir l'équilibre de l'écosystème local tout en stabilisant les populations animales.

Encadrer l'alimentation dans l'espace public

La question de l'alimentation des animaux errants cristallise les tensions. Les associations rejettent les interdictions totales, jugées inapplicables face à la réalité du terrain. Elles proposent plutôt la création d'espaces dédiés et supervisés par les autorités au sein des quartiers. Cette solution permettrait de répondre aux besoins des animaux tout en garantissant la propreté des espaces publics et le confort des riverains, évitant ainsi les conflits d'usage.

Des centres de prise en charge aux normes

Au-delà du cadre juridique, les associations alertent sur les conditions matérielles de la prise en charge. La simple création de centres ne suffit pas : elles réclament des critères stricts en matière d'hygiène, de soins vétérinaires, de capacité d'accueil et de qualification du personnel. La pérennité de ces structures dépendra, selon les acteurs du secteur, de l'allocation de budgets suffisants et d'une volonté politique de passer d'une gestion répressive à une gestion maîtrisée et durable des populations animales.

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