Maroc : L’eau et l’hygiène dans les hôpitaux, un défi sanitaire majeur

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 30 lectures
Maroc : L’eau et l’hygiène dans les hôpitaux, un défi sanitaire majeur

Un rapport conjoint de l’OMS et de l’Unicef révèle des lacunes critiques dans les infrastructures sanitaires marocaines. Entre 2015 et 2025, moins d’un établissement de santé sur dix dispose d’un accès basique à l’eau, tandis que les services d’hygiène et de gestion des déchets restent largement insuffisants.

Les faits essentiels

Le dernier rapport du Programme conjoint de surveillance de l’OMS et de l’Unicef, couvrant la période 2015-2025, dresse un bilan alarmant des infrastructures sanitaires au Maroc. Seuls 11 % des établissements de santé disposent d’un accès basique à l’eau, c’est-à-dire d’une source améliorée et accessible à l’intérieur des bâtiments. Pour l’assainissement, ce chiffre tombe à 10 %, avec 82 % des structures offrant des services limités et 7 % dépourvus de tout système amélioré. La gestion des déchets médicaux n’est pas en reste : 32 % des établissements assurent un tri et un traitement sécurisés, tandis que 51 % n’offrent que des services limités et 16 % n’ont aucun dispositif.

L’hygiène personnelle, évaluée par la présence de points de lavage des mains équipés de savon ou de solutions hydroalcooliques, est également défaillante. Seuls 46 % des établissements proposent des services limités, et 17 % n’en disposent d’aucun. Le nettoyage environnemental, pourtant crucial, est le parent pauvre du système : 9 % des structures bénéficient de services de base, 75 % en sont totalement privées, et 15 % offrent des prestations limitées.

Pourquoi c'est important

Ces insuffisances exposent les patients et le personnel soignant à des risques sanitaires majeurs. L’absence d’accès à l’eau potable et d’infrastructures d’assainissement adaptées favorise la propagation d’infections nosocomiales, tandis que la gestion défaillante des déchets médicaux augmente les dangers de contamination. Ces lacunes compromettent directement la qualité des soins et la sécurité des usagers, alors que les standards internationaux exigent des conditions minimales pour garantir une prise en charge efficace et sans risque.

Le rapport souligne que les performances du Maroc se situent en dessous des moyennes régionales, ce qui pourrait entraîner une révision à la baisse des indicateurs globaux. Ces résultats révèlent un écart persistant entre les infrastructures existantes et les besoins réels, malgré les efforts déployés pour moderniser le secteur. La situation actuelle menace non seulement la santé publique, mais aussi la crédibilité du système de santé marocain.

Ce qu'il faut surveiller

Plusieurs pistes d’amélioration sont évoquées dans le rapport, notamment le renforcement des infrastructures d’eau et d’assainissement, la formation du personnel aux protocoles d’hygiène et la mise en place de systèmes de gestion des déchets conformes aux normes. Les prochaines étapes dépendront de la capacité des autorités à mobiliser des ressources et à accélérer les réformes structurelles.

Les prochaines évaluations, prévues dans le cadre du suivi des Objectifs de développement durable, permettront de mesurer les progrès réalisés. Une attention particulière devra être portée sur les établissements les plus défavorisés, où les lacunes sont les plus criantes. La transparence sur les actions engagées et les résultats obtenus sera essentielle pour restaurer la confiance dans le système de santé.

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