Le projet de loi de finances (PLF) 2027 au Maroc révèle une stratégie d'investissement public fortement concentrée sur les infrastructures de base. Avec une enveloppe globale de 39,57 milliards de dirhams, le ministère de l'Équipement, de l'Eau et des Forêts priorise la sécurisation hydrique et le développement du réseau routier et portuaire, qui absorbent à eux seuls 80 % des crédits alloués.
Une priorité budgétaire tournée vers l'investissement
La structure budgétaire du ministère pour 2027 témoigne d'une volonté de transformation structurelle. Sur un total de 23,08 milliards de dirhams de crédits de paiement, près de 88 % sont dédiés à l'investissement, reléguant les dépenses de personnel et de fonctionnement à une part minoritaire. Cette dynamique est renforcée par des crédits d'engagement atteignant 45,95 milliards de dirhams pour les exercices post-2027, illustrant la nature pluriannuelle des chantiers engagés, notamment dans la gestion de l'eau et la modernisation des axes routiers.
La prédominance des secteurs de l'eau et des routes
L'analyse des programmes ministériels confirme une hiérarchie claire des besoins nationaux. Le secteur de l'eau s'impose comme le premier poste de dépense, captant 45 % des crédits de paiement. Il est suivi par le secteur routier, qui représente 35 % de l'enveloppe, et les infrastructures portuaires, avec 14 %. Ces trois domaines concentrent ainsi 94 % des ressources directes du ministère, tandis que les secteurs du développement forestier et de la météorologie bénéficient de dotations nettement plus restreintes.
Le rôle moteur des établissements publics
Le financement de ces projets repose à 81 % sur le budget général de l'État, complété par les comptes spéciaux du Trésor. Parallèlement, les établissements et entreprises publics sous tutelle jouent un rôle crucial avec 19,14 milliards de dirhams d'investissements. Le secteur portuaire domine cette activité, porté par l'Agence spéciale Tanger Med, qui se positionne comme le premier investisseur public du ministère avec 5,83 milliards de dirhams. L'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE) et la Société nationale des autoroutes du Maroc complètent ce trio d'acteurs majeurs, confirmant l'importance des opérateurs publics dans la réalisation des objectifs d'équipement du pays.