Le ministre des Transports, Abdessamad Kayouh, a réuni les dirigeants des principaux établissements publics pour fixer les priorités du secteur jusqu’en 2030. L’objectif affiché est de concrétiser le discours royal d’un « Maroc qui avance à une seule vitesse », en alignant les projets d’infrastructures sur les exigences de la Coupe du monde 2030 et sur la compétitivité économique du pays.
Priorités ferroviaires : 134 milliards de dirhams d’investissements
Le programme de l’Office national des chemins de fer (ONCF) prévoit un budget global de 134 milliards de dirhams, incluant le prolongement de la ligne à grande vitesse Kénitra‑Marrakech et une future extension vers Agadir. Le plan prévoit également l’acquisition de 168 nouveaux trains, le développement de services de proximité dans les grandes agglomérations et le raccordement du port de Nador West Med au réseau ferroviaire, renforçant ainsi la mobilité interurbaine et le lien logistique entre le littoral et l’intérieur du pays.
Aéroports 2030 : un plan de 38 milliards pour accueillir 80 millions de passagers
Le ministère, via l’Office national des aéroports (ONDA), a alloué 38 milliards de dirhams pour la période 2025‑2030. Les fonds serviront à construire un nouveau terminal à l’aéroport Mohammed‑V de Casablanca et à étendre les aéroports de Marrakech, Agadir, Tanger et Fès. L’ensemble de ces travaux vise à porter la capacité d’accueil des aéroports à 80 millions de passagers par an, condition indispensable pour la co‑organisation de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. Le programme s’accompagne du soutien continu au développement de Royal Air Maroc, dont le contrat‑programme avec l’État s’étend jusqu’en 2037.
Développement d’une flotte maritime nationale et modernisation du transport routier
Le secteur maritime fait également l’objet d’une réflexion stratégique : des Assises nationales à Tanger ont lancé l’étude d’une flotte commerciale « forte et compétitive », ainsi qu’un système de surveillance de la navigation sur la façade atlantique sud. Le ministère prévoit de renforcer la formation maritime, d’élargir l’emploi des marins marocains à bord de navires étrangers, de créer un centre de surveillance dans le Sud et de numériser les procédures du secteur. Parallèlement, la stratégie nationale de sécurité routière 2026‑2030, pilotée par la NARSA, vise le renouvellement du parc de véhicules professionnels et la transformation numérique du transport routier, afin de réduire les coûts logistiques et d’améliorer la sécurité.
Impacts économiques et lien avec la Coupe du monde 2030
Ces investissements, qui couvrent le rail, les aéroports, le transport aérien, maritime et routier, s’inscrivent dans une ambition plus large de positionner le Maroc comme un hub régional de transport et de logistique. En accélérant la réalisation des zones et plateformes logistiques, le gouvernement espère diminuer les coûts de la chaîne d’approvisionnement et renforcer la compétitivité du pays sur les marchés internationaux. La mise en œuvre de ces projets d’infrastructure constitue l’un des piliers des préparatifs de la Coupe du monde 2030, tout en créant des emplois, en stimulant la demande de matériaux de construction et en consolidant les capacités institutionnelles du ministère des Transports.