Le moral des ménages marocains marque le pas au troisième trimestre 2026, révélant une fragilité persistante du pouvoir d'achat. Malgré une légère amélioration statistique sur un an, les indicateurs du Haut-Commissariat au Plan (HCP) soulignent une précarisation croissante, marquée par une incapacité quasi généralisée à épargner et une inquiétude vive face à la hausse des prix alimentaires.
Une capacité d'épargne en chute libre
La situation financière des familles marocaines se tend. Selon les données du HCP, seulement 2,8 % des ménages parviennent actuellement à mettre de l'argent de côté, tandis que 39 % sont contraints de puiser dans leurs économies ou de s'endetter pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Les perspectives pour l'année à venir sont particulièrement sombres : 92,5 % des ménages déclarent ne pas être en mesure de constituer une épargne dans les douze prochains mois, portant le solde de cet indicateur à -85 points.
L'inflation alimentaire comme frein majeur
Le coût de la vie, et plus spécifiquement celui des produits alimentaires, demeure la préoccupation centrale des citoyens. Près de 96 % des sondés constatent une augmentation des prix sur l'année écoulée. Cette tendance inflationniste ne devrait pas s'essouffler selon les anticipations des ménages, puisque 77,9 % d'entre eux s'attendent à une poursuite de la hausse des prix alimentaires dans les mois à venir, limitant drastiquement les marges de manœuvre budgétaires des foyers.
Pessimisme sur le marché du travail
Au-delà des contraintes immédiates de consommation, le climat social est assombri par les perspectives d'emploi. L'enquête révèle que 61,3 % des ménages anticipent une dégradation du marché du travail avec une hausse du nombre de chômeurs. Ce sentiment de vulnérabilité économique se traduit par une frilosité marquée vis-à-vis des dépenses importantes : 63,8 % des ménages estiment que le contexte actuel n'est pas propice à l'achat de biens durables, confirmant un attentisme généralisé face à une conjoncture jugée peu favorable.