La cérémonie d’allégeance, ou Béia, au Maroc, s’inscrit dans une tradition islamique pluriséculaire, renforçant la légitimité du pouvoir monarchique tout en scellant un pacte entre le souverain et la nation.
Un héritage islamique et une institutionnalisation moderne
La Béia, pratique remontant à l’époque du Prophète Sidna Mohammed, est présentée comme un pilier de la légitimité politique au Maroc. Selon le ministre des Habous et des Affaires islamiques, elle constitue un pacte fondateur entre le gouvernant et les gouvernés, où la Oumma (communauté des croyants) confère une légitimité au souverain en échange de la protection des valeurs religieuses, de la sécurité et des biens publics. Cette cérémonie, présidée par le Roi Mohammed VI en sa qualité d’Amir Al-Mouminine, s’inscrit dans une continuité historique, comme en attestent les archives royales, qui conservent des documents remontant à cinq siècles.
Le passage de l’allégeance des notables aux élus, tout en maintenant un cadre constitutionnel, illustre l’adaptation de cette tradition aux évolutions politiques contemporaines. Le ministre a souligné que ce renouvellement s’effectue régulièrement, notamment lors du prêche du vendredi, renforçant ainsi son ancrage dans la vie publique marocaine.
Un symbole de stabilité et de continuité politique
La Béia ne se limite pas à une cérémonie symbolique : elle incarne une forme de contrat social où le souverain s’engage à préserver les fondements de l’État, tandis que la nation réaffirme son soutien. Cette pratique, unique en Afrique, distingue le Maroc par son ancrage à la fois religieux et institutionnel. En perpétuant ce rituel, le royaume affirme une identité politique distincte, où la monarchie joue un rôle central dans la cohésion nationale et la légitimité du pouvoir.
L’institutionnalisation de la Béia sous Mohammed VI, dans un cadre à la fois traditionnel et moderne, renforce la perception d’une monarchie stable et ancrée dans l’histoire, tout en s’adaptant aux exigences d’un État contemporain. Cette dualité entre héritage et modernité offre au Maroc un modèle de gouvernance où la légitimité ne repose pas uniquement sur des mécanismes électoraux, mais aussi sur une tradition islamique et une pratique politique éprouvée.