Maroc et Israël ont annoncé, lors d’une conférence à New York le 16 septembre 2026, leur intention d’élever leurs bureaux de liaison actuels au rang d’ambassades. Cette décision, prise sous l’égide des États‑Unis, s’inscrit dans la continuité des accords d’Abraham signés en 2020 et ouvre la voie à de nouvelles coopérations économiques et sécuritaires.
Ouverture prévue des ambassades : un pas symbolique
Le communiqué conjoint de Washington, Rabat et Tel‑Aviv souligne que la transformation des représentations diplomatiques en ambassades constitue une étape « symbolique » mais décisive. Aucun calendrier précis n’a encore été communiqué, mais les deux pays s’engagent à concrétiser cette évolution dès que les conditions logistiques le permettront.
Enjeux géopolitiques : le Sahara occidental et le rôle des États‑Unis
Selon le maître de conférences Kader Abderrahim (Sciences Po), le rapprochement marocain s’inscrit dans une stratégie plus large visant à sécuriser le soutien américain sur la question du Sahara occidental. Le communiqué réaffirme la reconnaissance par les États‑Unis et Israël de la souveraineté du Maroc sur ce territoire contesté, renforçant ainsi le levier diplomatique de Rabat auprès de Washington.
Impacts économiques et sécuritaires attendus
Avant la fin de l’année, les deux pays doivent lancer de nouvelles liaisons aériennes, facilitant les échanges commerciaux et touristiques. Des accords économiques, notamment dans les secteurs de la technologie et de la sécurité, sont également prévus, promettant d’accélérer la coopération industrielle et de créer des opportunités d’investissement pour les entreprises des deux nations.
Opposition interne et débat sur la normalisation
La normalisation a suscité une contestation croissante au Maroc, surtout depuis l’offensive israélienne à Gaza après les attaques du Hamas du 7 octobre 2023. Des manifestations de plusieurs milliers de personnes ont réclamé l’abrogation de la coopération avec Israël, reflétant une fracture entre les ambitions diplomatiques du gouvernement et une partie de l’opinion publique. Malgré ces tensions, les trois parties réaffirment que la relation bilatérale sert les intérêts communs et la stabilité régionale.