Le Maroc poursuit sa stratégie décennale de lutte contre le cancer avec une évaluation à mi-parcours du Plan national de prévention et de contrôle du cancer (PNPCC) 2020-2029. Réuni à Rabat, le Comité de pilotage a dressé un bilan des avancées réalisées tout en identifiant les défis persistants, notamment les disparités territoriales et les difficultés dans les parcours de diagnostic et de prise en charge.
Cette réunion, présidée par le ministre de la Santé et de la Protection sociale, s’est tenue dans un contexte marqué par l’élargissement de l’offre de soins en oncologie. Le bilan fait état de progrès significatifs, tels que le renforcement du réseau des établissements spécialisés, l’amélioration de l’accès aux médicaments innovants et le développement des soins palliatifs. Le dépistage précoce des cancers du sein et du col de l’utérus a également été étendu, avec plus de 110 000 patients pris en charge chaque année dans les centres publics d’oncologie.
Selon le texte source, le Maroc a engagé un choix stratégique il y a une quinzaine d’années, axé sur l’investissement massif dans les infrastructures et les ressources humaines en oncologie. Cette politique a permis le développement de filières spécialisées et la formation de professionnels de santé, ainsi que l’équipement des centres régionaux et hospitalo-universitaires en plateaux techniques modernes. Le ministre a souligné l’importance de continuer à adapter les capacités d’accueil et les ressources humaines face à une demande de soins en hausse, liée notamment au vieillissement de la population et à l’amélioration des diagnostics.
La réduction des disparités géographiques reste un chantier prioritaire. Le pays compte aujourd’hui 59 centres de référence en santé reproductive, qui jouent un rôle clé dans la détection précoce des cancers féminins. Des unités mobiles de mammographie sont également déployées dans les zones les plus reculées. Le ministre a insisté sur la nécessité de faire de l’équité d’accès une priorité absolue dans la feuille de route des prochaines années.
Un autre enjeu majeur concerne le coût des traitements. Le secteur public assure déjà la gratuité des actes de dépistage, de diagnostic et des traitements, indépendamment du revenu ou du statut de couverture des patients. Le ministère consacre un budget annuel d’environ 200 millions de dirhams à l’acquisition de médicaments anticancéreux, incluant des molécules innovantes. Une vigilance particulière est requise pour garantir la disponibilité des produits de santé et concilier innovation thérapeutique et efficience du système.
Malgré ces avancées, des fragilités persistent. Le Comité de pilotage relève notamment la nécessité d’augmenter la couverture vaccinale contre le papillomavirus humain (HPV), de renforcer la prévention des cancers liés aux risques professionnels et environnementaux, et d’améliorer les circuits de diagnostic et de prise en charge selon les standards internationaux.
La dernière phase du plan cancer s’inscrit dans le cadre de la réforme structurelle du système national de santé et du déploiement des Groupements sanitaires territoriaux. Le ministre a appelé à une intégration pleine et entière du PNPCC dans cette dynamique, afin de renforcer la gouvernance, achever la digitalisation des systèmes d’information et garantir la continuité des parcours de soins. Les orientations prioritaires pour 2027-2029 portent sur le renforcement de la gouvernance, l’accélération des programmes de prévention, l’accès équitable au diagnostic et au traitement, ainsi que la transformation numérique des services de santé. La coordination entre institutions et le partenariat public-privé figurent également parmi les axes structurants de cette étape.