En vue de l'échéance présidentielle de 2027, Marine Le Pen engage une stratégie de séduction auprès des décideurs économiques français. La candidate du Rassemblement national tente de concilier des promesses de rigueur budgétaire avec des engagements sociaux historiques, notamment sur le dossier sensible des retraites.
Un programme entre austérité et mesures sociales
Lors d'une intervention devant les entrepreneurs du Medef, la cheffe de file du Rassemblement national a dévoilé un plan de redressement des finances publiques visant 125 milliards d'euros d'économies. Elle a plaidé pour une réduction de la « folie normative » pesant sur les entreprises et a proposé l'inscription d'une règle d'or budgétaire dans la Constitution. Toutefois, cette volonté de rassurer le patronat se heurte à son maintien de la retraite à 60 ans, une mesure qu'elle qualifie de « choix de société » assumé malgré les inquiétudes qu'elle suscite sur le plan comptable.
La gestion des divergences internes
La stratégie économique du parti est marquée par une cohabitation complexe entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. Si le président du RN a multiplié les échanges avec les milieux d'affaires, des nuances persistent sur le fond des dossiers. Cette tension interne s'est illustrée par le départ de François Durvye, conseiller économique de Jordan Bardella, dont la collaboration avec la candidate à l'Élysée n'a pas abouti. Marine Le Pen a confirmé avoir elle-même souhaité cette mise à l'écart, soulignant la volonté de la candidate de reprendre la main sur la ligne économique de sa future campagne.
Des réactions critiques face à l'équilibre budgétaire
Les annonces de la candidate font l'objet de vives critiques de la part de ses opposants politiques. Gabriel Attal, pour le camp présidentiel, a dénoncé un manque de sérieux économique, estimant que les charges finiraient par peser sur les entreprises. De son côté, Sarah Knafo, représentante du parti Reconquête, a ironisé sur l'approche non comptable des retraites défendue par la candidate. Ces réactions illustrent le défi majeur de Marine Le Pen : convaincre les acteurs économiques de sa crédibilité budgétaire tout en préservant son socle électoral attaché à ses promesses sociales.