À l'approche de l'échéance présidentielle de 2027, la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, a fait du logement un pilier central de son projet politique. Face à une crise structurelle, elle propose une refonte profonde des politiques actuelles, articulée autour de la densification urbaine, de la simplification administrative et de l'application de la priorité nationale.
Transformation des bureaux et régulation locative
Pour accroître l'offre de logements, la candidate mise sur la reconversion des surfaces tertiaires. Elle estime que la transformation des 9 millions de mètres carrés de bureaux vacants permettrait de créer entre 6 et 7 millions de mètres carrés habitables. Pour y parvenir, elle envisage une modification des règles comptables incitatives, assortie d'une menace de taxation pour les propriétaires de bureaux inoccupés. Parallèlement, elle entend durcir l'encadrement des locations de courte durée, type Airbnb, afin de limiter la spéculation dans les zones touristiques et de préserver le parc locatif résidentiel.
Révision des normes et des contraintes environnementales
Marine Le Pen prône une simplification drastique des normes de construction, qu'elle juge paralysantes. Elle s'est engagée à supprimer l'objectif de « zéro artificialisation nette » (ZAN), estimant qu'il restreint inutilement l'accès au foncier constructible. La candidate critique également la réglementation environnementale RE 2020, accusée de renchérir les coûts de construction, ainsi que les diagnostics de performance énergétique (DPE). Selon elle, ces derniers excluent du marché locatif des centaines de milliers de logements, une tendance qu'elle souhaite inverser pour éviter une pénurie accrue d'ici 2028.
Priorité nationale et accès au parc social
Le volet social du programme repose sur une application stricte de la « priorité nationale ». Marine Le Pen propose de réserver l'accès aux logements sociaux et aux aides personnelles au logement (APL) aux citoyens français. Elle justifie cette mesure par la nécessité de répondre à la demande des 70 % de Français éligibles au parc social qui n'en bénéficient pas actuellement. Dans cette même dynamique, elle a annoncé son intention d'abroger la loi SRU, qui impose des quotas de logements sociaux aux communes, jugeant le dispositif inadapté aux réalités foncières locales et aux priorités d'attribution qu'elle souhaite instaurer.