Marine Le Pen a officiellement entamé sa rentrée politique le 13 septembre à Hénin-Beaumont, son fief du Pas-de-Calais. Dans un contexte marqué par des sondages favorables mais des tensions internes au sein du Rassemblement national, la candidate a choisi de placer le logement au centre de ses priorités programmatiques.
Un recentrage sur les préoccupations sociales
Pour cette rentrée, la candidate du Rassemblement national a délaissé ses thèmes de prédilection habituels pour se concentrer sur la crise du logement. Elle a détaillé une série de mesures visant à « libérer la construction », encourager l'accès à la propriété et faciliter l'octroi de crédits bancaires. Son programme inclut également des propositions plus clivantes, telles que l'application de la « priorité nationale » pour l'attribution des logements sociaux, la suppression des objectifs de Zéro Artificialisation Nette (ZAN) et des mesures répressives comme l'expulsion des familles de délinquants du parc social.
La stratégie du « standard » électoral
En mettant l'accent sur le logement et le pouvoir d'achat, Marine Le Pen cherche à réitérer la dynamique de sa campagne de 2022. Ses équipes misent sur une approche concrète pour maintenir l'adhésion de son socle électoral tout en tentant de séduire des profils plus modérés. Cette stratégie vise à éviter l'écueil de la présomption de victoire, alors que les enquêtes d'opinion la placent en tête des intentions de vote pour le premier tour. Le parti insiste sur la nécessité de mener une campagne active, comme si les résultats n'étaient pas acquis.
Gestion des tensions et unité de façade
Le meeting s'est tenu dans un climat interne complexe, marqué par le départ récent de son conseiller économique et des divergences stratégiques sur des sujets comme l'Ukraine ou le port du voile. La présence de Jordan Bardella, président du RN, a été utilisée pour afficher une unité de façade, malgré les rumeurs de dissensions au sein de la direction du parti. Si Marine Le Pen a tenu à souligner cette cohésion, elle a conservé la maîtrise totale de la tribune, rappelant ainsi sa position centrale dans l'appareil politique du mouvement face aux critiques sur la gestion de ce qu'une partie de l'opposition qualifie de « PME familiale ».