Hyacinthe Ndiaye, mondialement connu sous le nom de Manga 2, incarne une figure singulière de la lutte sénégalaise. Ancien « Roi des arènes » ayant régné pendant une décennie, il a su articuler sa carrière sportive avec une trajectoire professionnelle structurée, marquant durablement l'histoire de cette discipline traditionnelle.
Une double exigence : le sport et l'éducation
Originaire de Joal-Fadiouth, Hyacinthe Ndiaye a très tôt concilié sa passion pour la lutte, née sur les plages, avec un parcours scolaire rigoureux. Contrairement à de nombreux athlètes de son époque, il a obtenu son Brevet de fin d'études moyennes (Bfem) avant de se former comme moniteur des sports. Cette formation lui a permis d'exercer en tant qu'enseignant d'éducation physique et sportive, notamment au collège Jean-de-La-Fontaine et au Cem Saint-Pierre, avant d'intégrer l'École de police. Cette stabilité professionnelle a constitué le socle de sa préparation à l'après-carrière.
L'ascension vers le titre de Roi des arènes
Sur le plan sportif, Manga 2 a bâti un palmarès impressionnant de 44 combats, totalisant 34 victoires. Son sacre en 1984, après une finale disputée contre Mor Fadam, a marqué le début d'un règne de dix ans sur l'arène. Ce parcours a été jalonné de duels mémorables, notamment ses confrontations avec Double Less et sa victoire symbolique contre Mbita Ndiaye, qui a cristallisé les tensions sportives de l'époque entre les écuries sérères et l'écurie de Fass. Sa gestion financière prudente, marquée par des investissements immobiliers précoces, lui a permis de sécuriser son avenir bien avant sa retraite sportive en 1994.
Un engagement pérenne dans les instances dirigeantes
Loin de s'éloigner des arènes après sa retraite, Manga 2 s'est investi dans la structuration du milieu. Depuis près de deux décennies, il préside l'Association nationale des anciennes gloires de la lutte, une fonction qui lui permet de défendre les intérêts des retraités du sport. Son implication s'est étendue aux instances de gouvernance, ayant siégé au Comité national de gestion (Cng) de la lutte en tant que conseiller, puis comme deuxième vice-président. Plus récemment, sa candidature à la présidence de la Fédération sénégalaise de lutte en décembre 2025 témoigne de sa volonté constante de peser sur les orientations stratégiques de la discipline.
La transmission comme levier de développement
Au-delà de ses fonctions administratives, Manga 2 contribue activement à l'écosystème de la lutte à travers sa structure, Manga Productions. En tant que promoteur, il participe à l'émergence de nouveaux talents, assurant ainsi une forme de continuité générationnelle. Cet engagement, couplé à ses activités associatives locales, illustre une reconversion réussie où l'expérience du champion est mise au service du développement collectif du sport sénégalais.