Face à une recrudescence des mutilations génitales féminines dans la région du Mandoul, le Bureau d'Appui Santé et Environnement (BASE) lance une campagne de sensibilisation ciblée dans les districts de Bédaya et Péni. L’objectif affiché est de mobiliser les communautés locales autour des risques sanitaires, psychologiques et sociaux de l’excision, tout en renforçant la protection juridique des filles et des femmes.
Campagne de sensibilisation dans les districts de Bédaya et Péni
Le programme PASFASS2, porté par le BASE, organise des sessions d’information dans les localités de Balmani et Nderguigui. Ces rencontres, menées en proximité avec les populations, visent à expliquer les conséquences de l’excision sur la santé reproductive, les infections et les traumatismes psychologiques. En s’appuyant sur des supports visuels et des témoignages, les équipes espèrent créer un déclic communautaire qui incite à l’abandon de la pratique.
Implication des leaders locaux, religieux et traditionnels
Conscients que les normes culturelles sont souvent ancrées dans l’autorité des chefs de communauté, le BASE sollicite activement les leaders religieux, traditionnels et les représentants des femmes et des jeunes. Leur rôle est de relayer les messages de prévention, de légitimer le rejet de l’excision et de proposer des alternatives respectueuses des rites locaux. Cette approche collaborative vise à garantir que le changement de comportement soit durable et accepté socialement.
Enjeux sanitaires et sociaux de l’excision au Mandoul
Les mutilations génitales féminines constituent un facteur de morbidité élevé dans la région, avec des complications allant des hémorragies aux infections chroniques, en passant par des troubles psychologiques persistants. Au-delà du coût individuel, ces pratiques aggravent les inégalités de genre et freinent l’accès des filles à l’éducation et à l’emploi. La campagne du BASE met donc en lumière l’impact collectif sur le développement humain et la cohésion sociale.
Perspectives et engagement du BASE
Pour le BASE, cette initiative représente une occasion de réaffirmer son engagement à accompagner les districts de Bédaya et de Péni dans la promotion de pratiques protectrices. Les acteurs du projet prévoient de suivre l’évolution des attitudes grâce à des enquêtes de terrain et d’ajuster les interventions en fonction des retours communautaires. Si la mobilisation actuelle réussit à réduire les cas d’excision, elle pourrait servir de modèle pour d’autres régions du Tchad confrontées à des défis similaires.