Les infractions financières reprochées à Manchester City, portant sur une période allant de 2009 à 2018, soulèvent des questions majeures sur l'équité économique du championnat anglais. Si le club nie toute malversation, les accusations de surévaluation de revenus de sponsoring et de dépenses dissimulées, estimées à plusieurs centaines de millions de livres, auraient directement altéré la répartition des richesses au sein de la Premier League.
Un système de financement sous haute surveillance
Depuis le rachat du club par le cheikh Mansour en 2008, Manchester City a connu une ascension fulgurante, passant d'une position de milieu de tableau à une domination constante du top 4. La commission indépendante de la Premier League a qualifié les mécanismes financiers utilisés de « système de financement déguisé ». Grâce à ces apports, les revenus de sponsoring du club ont atteint des niveaux dépassant ceux de Manchester United, transformant radicalement la compétitivité du club sur le marché des transferts et des salaires.
Un préjudice financier estimé à 844 millions de livres
L'impact de cette gestion sur les autres clubs de l'élite est substantiel. Une analyse des données montre que 35 équipes ayant évolué en première division durant cette période pourraient avoir subi un préjudice financier cumulé estimé à 844 millions de livres sterling. Ce manque à gagner se décompose en plusieurs segments : 188,2 millions liés aux primes de classement, 349,7 millions dus à des relégations potentiellement évitables, et 217,8 millions de revenus non perçus en Ligue des champions.
Des clubs lourdement impactés
Certaines institutions ont été particulièrement affectées par cette distorsion de concurrence. Hull City, relégué à deux reprises, affiche un manque à gagner estimé à 99 millions de livres, tandis qu'Everton, privé à plusieurs reprises de qualifications européennes, évalue son préjudice à 66,4 millions. Tottenham, souvent arrivé aux portes de la Ligue des champions, a également vu ses revenus européens plafonner en comparaison des gains engrangés par City. Liverpool, de son côté, a vu son déficit financier atteindre 52,3 millions de livres, notamment en raison de finales de coupes perdues et de classements en championnat inférieurs.
La question de la réparation
Bien que ces chiffres illustrent une réalité économique tangible, ils ne permettent pas de prédire avec certitude les résultats sportifs alternatifs. Il est impossible d'affirmer qu'un club aurait évité la relégation ou remporté un titre sans l'influence financière de City. Toutefois, ces données mettent en lumière l'ampleur de l'enjeu : au-delà des trophées, c'est la viabilité financière et la capacité de développement à long terme des autres clubs qui ont été impactées par ce déséquilibre structurel.