Le chef du mouvement « Demain, c’est maintenant » a remis en cause la façon dont le débat sur l’exploration pétrolière est mené, en pointant du doigt une possible manipulation autour de 55 millions de dollars liés à Kosmos Energy et en appelant à une enquête parlementaire.
Une accusation de manipulation au cœur du dossier Yakaar‑Teranga
Mamoudou Ibra Kane a dénoncé, via le réseau social X, ce qu’il qualifie de « manipulation » du débat public sur le bloc Yakaar‑Teranga, où l’État sénégalais a récemment signé un protocole d’accord avec le groupe italien ENI. Selon lui, la polémique autour des 55 millions de dollars sert à détourner l’attention des enjeux réels du contrat et à reproduire le climat de suspicion qui avait entouré, il y a quelques années, un prétendu scandale de 10 milliards de dollars impliquant BP.
Les positions divergentes du gouvernement et de l’opposition
Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, a confirmé l’existence de la somme de 55 millions de dollars, sans préciser son statut exact. De son côté, Birame Soulèye Diop, ancien ministre du Pétrole, a présenté des documents confidentiels affirmant que ces fonds correspondent à des engagements d’investissement que Kosmos Energy n’aurait pas honorés. Il a ainsi exigé l’ouverture d’une enquête parlementaire pour faire la lumière sur l’utilisation de ces ressources et garantir la protection des intérêts nationaux.
Une instruction présidentielle et les suites institutionnelles
Le président Bassirou Diomaye Faye aurait chargé l’Inspection générale d’État d’examiner les conditions du retrait de Kosmos Energy du bloc et le devenir des 55 millions de dollars. Cette démarche donne une dimension officielle à une affaire qui, selon Mamoudou Ibra Kane, est détournée pour masquer les débats autour du contrat Yakaar‑Teranga. La requête d’enquête parlementaire, soutenue par l’opposition, pourrait conduire à un audit complet des flux financiers liés à l’accord et à une éventuelle révision des engagements contractuels.
Implications pour le secteur énergétique sénégalais
Si les allégations d’une mauvaise gestion des fonds se confirment, elles pourraient affecter la crédibilité du Sénégal auprès des investisseurs étrangers, à un moment où le pays cherche à développer son industrie pétrolière et gazière. Le débat met également en lumière la nécessité d’une plus grande transparence dans les contrats d’exploration, afin d’éviter que des questions financières ne deviennent des armes politiques. Les prochains mois seront décisifs pour déterminer si l’enquête parlementaire aboutira à des mesures correctives ou si le dossier restera dans l’ombre.