Mame Birame Wathie disparu des limogés : ce que révèle l’absence du président du conseil du Soleil

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 29 lectures
Mame Birame Wathie disparu des limogés : ce que révèle l’absence du président du conseil du Soleil

Alors que le président Bassirou Diomaye Faye poursuit une vague de limogés visant les proches du Pastef et de l’ex‑Premier ministre Ousmane Sonko, le nom du journaliste Mame Birame Wathie, président du conseil d’administration du quotidien Le Soleil, ne figure pas parmi les évincés. Son absence soulève des interrogations sur la stratégie du pouvoir vis‑à‑vis du secteur médiatique.

Une purge ciblée autour du Pastef et d’Ousmane Sonko

Depuis le début de son mandat, le président Faye a déclenché une série de réorganisations dans les directions générales et les conseils d’administration d’institutions publiques. L’objectif affiché est de « purger » les postes occupés par des personnes perçues comme proches du parti Pastef ou de l’opposition dirigée par Ousmane Sonko, ancien Premier ministre. Les licenciements ont touché des cadres du secteur de la santé, de l’éducation, de l’énergie et, plus récemment, des dirigeants de médias publics.

Mame Birame Wathie : un profil médiatique engagé

Journaliste de formation, Mame Birame Wathie a débuté sa carrière au sein du groupe Walfadjri, où il s’est fait remarquer par ses prises de position régulières en faveur d’Ousmane Sonko. Cette fidélité politique a conduit, en mars 2025, à sa nomination à la présidence du conseil d’administration de la Société Sénégalaise de Presse et de Publication (SSPP), entité qui édite le quotidien national Le Soleil. Son rôle place le journal au cœur du débat public, ce qui en fait un acteur sensible aux dynamiques politiques.

L’absence de Wathie dans la liste des limogés : quels scénarios ?

Plusieurs hypothèses peuvent expliquer pourquoi le nom de Wathie ne figure pas parmi les évincés. D’une part, il pourrait bénéficier d’une protection tacite du pouvoir, le président du conseil d’administration étant perçu comme un relais de légitimité pour le régime. D’autre part, son absence pourrait signaler une stratégie de « silence » : laisser le dirigeant en place pour éviter d’attirer davantage l’attention internationale sur la liberté de la presse au Sénégal. Enfin, il est possible que les négociations en coulisses aboutissent à un repositionnement de Wathie, sans que cela ne se traduise immédiatement par un licenciement public.

Implications pour la liberté de l’information au Sénégal

Le cas de Wathie illustre la tension croissante entre le pouvoir exécutif et les organes de presse publics. Si les limogés continuent de viser les proches de l’opposition, la présence d’un dirigeant ouvertement favorable à Sonko à la tête du Soleil pourrait être perçue comme une concession symbolique, voire comme un point de pression supplémentaire sur le gouvernement. Les observateurs locaux et les organisations de défense des droits humains surveillent de près l’évolution de cette situation, craignant que la purge ne s’étende à d’autres acteurs médiatiques, ce qui compromettrait davantage l’indépendance rédactionnelle.

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