Le président guinéen Mamadi Doumbouya a effectué une visite d'État en Côte d'Ivoire, marquée par des entretiens stratégiques avec son homologue Alassane Ouattara à Abidjan. Cette rencontre vise à intensifier la collaboration bilatérale, tant sur le plan de la sécurité régionale que sur celui du développement économique.
Une coopération sécuritaire accrue face aux défis régionaux
Au cœur des discussions entre les deux chefs d'État figure la volonté commune de renforcer le partage de renseignements. Face aux menaces sécuritaires qui pèsent sur la sous-région, Conakry et Abidjan entendent harmoniser leurs efforts pour une meilleure anticipation des risques. Cette dynamique de collaboration s'est illustrée symboliquement par la participation d'un détachement militaire guinéen aux festivités du 66e anniversaire de l'indépendance ivoirienne le 7 août dernier. En signe de réciprocité, la Côte d'Ivoire a été conviée en tant qu'invitée d'honneur, aux côtés du Rwanda, pour le 68e anniversaire de la fête nationale guinéenne, prévu le 2 octobre prochain.
L'impératif de réguler l'orpaillage clandestin
La gestion des ressources naturelles et la lutte contre l'orpaillage illégal ont été identifiées comme des enjeux stratégiques majeurs. Mamadi Doumbouya a souligné la nécessité d'une réponse concertée entre les deux pays pour endiguer ces pratiques clandestines. Pour le dirigeant guinéen, cette action est indissociable de la stabilité politique, rappelant que le développement économique ne peut se concevoir sans un socle solide de paix et de sécurité.
Le défi de la dynamisation des échanges commerciaux
Sur le plan économique, le constat est celui d'un potentiel sous-exploité. Le président guinéen a ouvertement jugé insuffisants les volumes d'échanges actuels entre la Guinée et la Côte d'Ivoire, particulièrement dans les secteurs minier et agricole. Il a plaidé pour une accélération de la coopération Sud-Sud, encourageant une implication accrue des États africains dans la résolution de leurs propres défis structurels. Des pistes de travail ont été évoquées pour transformer ces intentions en partenariats économiques concrets, visant à mieux aligner les relations commerciales sur les capacités réelles des deux nations.