Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a rencontré à Alger les autorités algériennes lors d’une réunion technique de haut niveau, marquant la relance de la Grande Commission mixte. Cette initiative vise à rétablir la coopération sécuritaire et économique entre les deux pays, après deux années de tensions diplomatiques qui avaient paralysé les échanges transfrontaliers.
Une rencontre de haut niveau pour débloquer la diplomatie
Le dialogue a été initié après le déplacement du Premier ministre à Alger, où il a présenté un agenda centré sur la sécurité frontalière et le co‑développement. La réunion a permis de décongeler les relations amorcées à l’été 2026, ouvrant la porte à de nouvelles conventions sectorielles. Les deux parties ont souligné l’importance d’un cadre institutionnel solide, la Grande Commission mixte, pour structurer les projets communs dans les domaines de l’énergie, du transport et de la sécurité.
Sécurité transfrontalière : priorités communes
Avec plus de 1 300 km de frontière commune, le Mali et l’Algérie partagent des enjeux sécuritaires majeurs, notamment la lutte contre le terrorisme et le trafic illicite. La réunion a réaffirmé la volonté de coopérer en matière de renseignement et de patrouilles conjointes, après que des affrontements militaires à la frontière aient exacerbé les tensions en 2024. L’objectif affiché est de garantir la souveraineté territoriale du Mali tout en assurant la stabilité de la zone sud‑algérienne, un facteur clé pour la désescalade du conflit sahélien.
Perspectives économiques : énergie, transport et commerce
Au-delà de la dimension sécuritaire, les discussions ont mis en avant le relancement des échanges commerciaux. Les deux pays envisagent des projets d’infrastructures énergétiques, notamment le transit de gaz et d’électricité, ainsi que le développement de corridors de transport routier et ferroviaire. La réouverture des espaces aériens, suspendue pendant la crise, a également été évoquée comme un levier de dynamisation du commerce bilatéral et du commerce intra‑africain.
Points de friction persistants
Malgré les avancées, des dossiers sensibles restent à gérer. La présence à Alger de figures politiques jugées déstabilisatrices par Bamako constitue un sujet de désaccord majeur. L’Algérie doit équilibrer son rôle de partenaire sécuritaire tout en évitant tout soutien tacite à ces acteurs, afin de ne pas compromettre la confiance malienne. La durabilité du nouveau cadre dépendra donc de la capacité des deux États à concilier intérêts géopolitiques et exigences de stabilité régionale.