Un an après des arrestations massives de militaires maliens pour « tentative de déstabilisation », aucun procès n’a abouti. Alors qu’un Français de la DGSE a été condamné à vingt ans de prison, les militaires accusés restent dans l’attente d’un jugement, révélant des dysfonctionnements judiciaires et des tensions persistantes.
Un procès inabouti et des militaires en attente
Les arrestations, lancées en août 2025 à Bamako après l’interpellation de deux généraux, avaient visé des dizaines de militaires accusés de participation à un « complot » contre les institutions. Pourtant, malgré l’ampleur de l’enquête et les accusations portées, aucun procès n’a encore été rendu public pour ces militaires. Cette situation alimente les spéculations sur les motivations politiques derrière ces arrestations, d’autant que les procédures judiciaires semblent s’enliser. Les familles des détenus dénoncent des conditions de détention précaires et l’absence de transparence sur l’avancée des dossiers.
À l’inverse, le cas d’un Français employé à l’ambassade de France à Bamako, arrêté le 13 août 2025 et condamné en juin 2026 à vingt ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État », illustre une issue judiciaire rapide. Cette disparité dans le traitement des dossiers renforce les interrogations sur l’équité des procédures et les pressions extérieures potentielles.
Enjeux politiques et tensions géopolitiques
Cette affaire survient dans un contexte de relations tendues entre Bamako et plusieurs partenaires internationaux, notamment la France. Les arrestations initiales, suivies de l’interpellation d’un agent français, ont exacerbé les tensions diplomatiques, déjà fragilisées par des désaccords sur la gestion de la crise sécuritaire au Sahel. Les autorités maliennes justifient ces mesures par la nécessité de préserver la stabilité nationale, mais l’opacité des procédures et l’absence de verdict pour les militaires alimentent les critiques sur l’autoritarisme croissant du régime.
Sur le plan interne, cette situation révèle les fractures au sein des forces armées, où les purges et les arrestations ciblent des officiers perçus comme des rivaux ou des opposants. L’impunité persistante pour les militaires non jugés, couplée à une justice expéditive pour les étrangers, pose la question de la crédibilité des institutions judiciaires maliennes. Sans avancée concrète, cette affaire risque de s’enliser, aggravant les doutes sur l’État de droit dans le pays.