Le gouvernement malien a officiellement renouvelé, le 2 septembre, quatre permis de recherche minière situés dans les régions de Bougouni, Sikasso, Koulikoro et Kayes. Cette décision accorde aux sociétés concernées un délai supplémentaire de trois ans pour transformer les anomalies géologiques détectées en preuves de gisements exploitables.
Un cap technique avant l'exploitation
Les périmètres concernés, situés à Ourounia, Dézébéla, Faladiè-Nord et Liberta-Sud, sont détenus par les sociétés Hongda Liujiu SARL, A.NA.DI.S SARL et L’Horizon SARL. Ces titres, initialement octroyés entre 2019 et 2022, avaient été impactés par la suspension nationale des renouvellements miniers en vigueur jusqu'en mars 2025. Il est crucial de noter que cette autorisation ne signifie pas la découverte de réserves rentables, mais permet simplement la poursuite des levés, prélèvements et forages nécessaires pour évaluer le potentiel minéralogique des zones.
L'exigence de transparence et de traçabilité
Le renouvellement de ces permis soulève des enjeux de gouvernance, notamment après les alertes de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) concernant la difficulté d'accéder à certains documents de transfert. Pour le permis d'Ourounia, qui a fait l'objet d'une cession entre entreprises en 2021, la clarté sur l'identité des bénéficiaires effectifs demeure une attente forte. La publication des décrets complets et des programmes de travaux engagés par chaque opérateur sera déterminante pour vérifier si ces titres sont réellement valorisés ou simplement immobilisés.
Impacts locaux et enjeux fonciers
Si la phase de recherche ne garantit pas la création d'emplois permanents, elle génère une activité temporaire pour les prestataires et techniciens locaux. Toutefois, cette présence sur le terrain nécessite une gestion rigoureuse des relations avec les populations riveraines. L'accès aux terres, l'indemnisation des dommages potentiels sur les cultures ou les pâturages, ainsi que la remise en état des sites de forage constituent des obligations immédiates pour les entreprises, indépendamment de l'issue finale des recherches.
Une gestion prudente des ressources
Dans un secteur où l'or représente près de 95 % de la valeur de la production minérale nationale, la sélection des projets viables est un impératif économique. Le Mali, qui comptait treize projets à un stade avancé selon le dernier rapport ITIE, doit s'assurer que ces trois années de prolongation ne servent pas à figer indéfiniment de vastes périmètres. À l'échéance, la capacité des sociétés à justifier leurs dépenses et leurs résultats sera le véritable indicateur de la pertinence de ces renouvellements pour l'économie nationale.