Mali : l’internet 16 fois plus cher qu’au Sénégal, la colère des abonnés explose

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 34 lectures
Mali : l’internet 16 fois plus cher qu’au Sénégal, la colère des abonnés explose

Au Mali, l’accès à internet coûte jusqu’à seize fois plus cher qu’au Sénégal voisin, où le même budget permet d’obtenir seize fois plus de données. Entre pratiques abusives, réseaux saturés et tarifs exorbitants, la colère des consommateurs explose, portée par des mobilisations inédites.

Un fossé tarifaire et technique insupportable

Pour 3 000 francs CFA, un Malien obtient en moyenne 1,5 gigaoctet de données, contre 25 gigaoctets au Sénégal. Cette différence vertigineuse illustre un déséquilibre structurel qui dépasse le simple écart de pouvoir d’achat. Les consommateurs maliens subissent également l’expiration automatique des crédits et bonus non utilisés, une pratique dénoncée par l’Association des Consommateurs du Mali (ASCOMA) auprès des autorités. En avril 2026, la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence a ouvert une enquête, une première qui a redonné espoir à des millions d’abonnés.

La qualité du service aggrave encore la situation. En janvier 2026, la vitesse moyenne de téléchargement pour l’internet fixe au Mali était classée parmi les plus faibles d’Afrique de l’Ouest. Les coupures fréquentes, les réseaux saturés et les zones non couvertes renforcent le sentiment d’un fossé numérique croissant entre Bamako et les grandes villes régionales, où les performances se rapprochent de celles des pays voisins.

Mobilisations citoyennes et revendications structurelles

Face à cette réalité, les Maliens se mobilisent. En mars 2026, une pétition lancée sur Change.org a recueilli des milliers de signatures pour exiger une baisse immédiate des tarifs. En 2023, le Collectif Boycott Orange-Mali Moov Africa Malitel avait déjà marqué les esprits en fédérant journalistes, activistes et leaders d’opinion autour d’une campagne de dénonciation. Ces initiatives révèlent une prise de conscience collective : l’accès à internet n’est plus un luxe, mais un droit essentiel pour l’éducation, l’information et l’inclusion économique.

Les causes de cette situation sont multiples. Le Mali, pays enclavé, subit des coûts logistiques élevés pour ses infrastructures numériques. La concurrence entre opérateurs y est moins dynamique qu’au Sénégal ou en Côte d’Ivoire, tandis que les taxes sur les services télécoms restent élevées. Les investissements dans les réseaux peinent à suivre la demande, malgré l’urgence d’une transition numérique inclusive. Pour les Maliens, le message est clair : le statu quo n’est plus acceptable.

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