Le Mali explore le potentiel du numérique pour dynamiser son économie, mais son adoption reste inégale. Entre progrès technologiques et obstacles structurels, les entreprises peinent à saisir pleinement ces opportunités.
Un écosystème numérique en construction
Le Mali enregistre une progression notable de son numérique, avec 8,91 millions d’internautes fin 2025, soit 35,1 % de la population. Le pays mise sur des outils comme le paiement mobile, la vente en ligne et la gestion des stocks pour réduire les coûts des entreprises. Pourtant, l’accès reste un frein majeur : un forfait mobile de 5 Go coûte 16,9 % du revenu national brut mensuel par habitant, un taux bien supérieur à la moyenne africaine. Les comptes de monnaie électronique actifs ont progressé de 12,26 % en 2024, signe d’un intérêt croissant, mais l’adoption reste limitée par des infrastructures coûteuses et un cadre réglementaire encore en évolution.
Formation et financement : les défis persistants
Malgré l’enthousiasme des dirigeants africains pour les compétences numériques, le Mali peine à suivre. Une étude révèle que 87,6 % des entreprises locales sont « techno-timides », et seulement 4,3 % disposent de systèmes entièrement intégrés. Le décalage entre l’offre et la demande de compétences est criant : seuls 11 % des diplômés du supérieur ont reçu une formation formelle en numérique. Les solutions comme la blockchain, pourtant porteuses pour sécuriser les transactions, nécessitent des cadres simples et des compétences adaptées, encore rares sur le terrain. Les incubateurs et fonds de démarrage pourraient accélérer cette transition, mais leur efficacité dépend de projets structurés et d’une gestion rigoureuse. Les acteurs locaux appellent à une approche progressive, testant d’abord des solutions modestes avant de rechercher des financements massifs.
Ces enjeux sont au cœur de la quatrième Semaine du numérique de Bamako, qui rassemble le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Les débats portent sur l’interconnexion des réseaux, l’itinérance téléphonique et la formation dans l’espace AEC, avec une cérémonie d’ouverture prévue le 1er août. Une occasion de concrétiser les ambitions numériques du pays, encore freinées par des contraintes économiques et structurelles.