Mali : durcissement des peines pour détention et vente de chicha

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 23 lectures
Mali : durcissement des peines pour détention et vente de chicha

Le gouvernement malien a décidé de renforcer la lutte contre la consommation et la commercialisation de produits liés à la chicha. Une circulaire, signée le 21 juillet 2026 par le ministre de la Justice, Mamoudou Kassogué, impose aux magistrats et aux services d’enquête d’appliquer avec rigueur les nouvelles dispositions légales. Ces mesures visent explicitement la chicha, le tabamel, les arômes destinés au narguilé ainsi que leur détention.

Un cadre légal déjà existant, désormais appliqué avec fermeté

L’interdiction de ces produits n’est pas nouvelle au Mali. Depuis plusieurs années, les autorités sanitaires et judiciaires ont régulièrement alerté sur les risques sanitaires associés à la consommation de chicha, notamment en raison des substances toxiques inhalées lors de son usage. Les études épidémiologiques ont montré une corrélation entre la chicha et l’augmentation des cas de maladies respiratoires et cardiovasculaires dans plusieurs régions du pays. Face à cette situation, les pouvoirs publics ont choisi de durcir l’application des textes en vigueur plutôt que de créer de nouvelles lois.

Des sanctions sévères pour dissuader les contrevenants

Les infractions liées à la détention, à la vente ou à la promotion de ces produits sont désormais passibles de peines pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et une amende maximale de 15 millions de francs CFA. Ces sanctions s’appliquent aussi bien aux particuliers qu’aux commerçants ou aux responsables de lieux où ces produits sont consommés ou distribués. Les autorités justifient cette fermeté par la nécessité de protéger la santé publique, en particulier celle des jeunes, souvent ciblés par les campagnes de promotion de ces produits.

Une mobilisation des acteurs judiciaires et sécuritaires

La circulaire du ministre de la Justice s’adresse directement aux magistrats et aux services d’enquête, leur demandant d’intensifier les contrôles et les poursuites. Les forces de l’ordre sont invitées à mener des opérations de saisie et à verbaliser les infractions dans les lieux publics, les bars et les espaces de vente. Les autorités sanitaires, quant à elles, doivent renforcer leur collaboration avec les services judiciaires pour identifier les réseaux de distribution et les points de vente illégaux. Cette approche coordonnée vise à limiter l’accès à ces produits et à réduire leur attractivité sur le marché noir.

Un débat sur l’efficacité des mesures

Si l’objectif affiché est clair, certains observateurs s’interrogent sur l’efficacité réelle de ces sanctions dans un contexte où la chicha reste largement disponible dans de nombreux pays voisins. La question de la coordination régionale se pose, notamment pour lutter contre les réseaux transfrontaliers qui alimentent le marché malien. Par ailleurs, des associations de consommateurs et des défenseurs des libertés individuelles soulignent le risque de criminalisation accrue des usagers, sans nécessairement résoudre le problème de fond lié à la dépendance et à la santé publique.

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