Le Ghana affiche une reprise économique notable, marquée par une croissance de 6,4 % au premier trimestre 2026 et une dette publique ramenée à 49 % du PIB fin 2025. Toutefois, la Banque mondiale souligne que ces avancées macroéconomiques restent fragiles, entravées par une pauvreté persistante et un manque d'investissements structurels essentiels.
Une stabilisation budgétaire sous contrainte
Le succès du programme de facilité de crédit élargi du FMI a permis au Ghana de restaurer sa crédibilité financière. Le pays a enregistré un excédent budgétaire primaire de 2,5 % du PIB en 2025, dépassant les objectifs initiaux. Cependant, cette performance repose en grande partie sur une compression drastique des dépenses publiques. La Banque mondiale pointe du doigt une baisse des investissements en capital, inférieurs de 38 % aux prévisions budgétaires, une stratégie jugée non viable pour soutenir le développement à long terme.
Le paradoxe de la croissance et de la pauvreté
Malgré les indicateurs macroéconomiques favorables, la réalité sociale demeure préoccupante : 56,4 % de la population ghanéenne vit encore dans la pauvreté. La croissance actuelle, portée par des secteurs à faible intensité de main-d'œuvre, peine à générer des emplois pour une jeunesse nombreuse. Cette déconnexion entre la progression du PIB et l'amélioration du niveau de vie est exacerbée par des disparités spatiales croissantes, nécessitant une mobilisation accrue des recettes intérieures pour financer des politiques sociales plus inclusives.
Infrastructures de transport : un frein majeur à la compétitivité
Le rapport de la Banque mondiale identifie le secteur des transports comme un obstacle critique à la transformation économique. Avec seulement 27 % d'un réseau routier de 94 200 kilomètres bitumé et un déclin marqué du réseau ferroviaire, le coût économique est lourd : les accidents de la route représentent à eux seuls une perte annuelle estimée à 2,1 % du PIB, soit environ 4,55 milliards de dollars. Pour pallier ces carences, une enveloppe de 500 millions de dollars a été allouée à la réhabilitation de 1 050 kilomètres de routes secondaires, assortie d'un appel à une meilleure maintenance et à une stratégie nationale unifiée.
Risques extérieurs et réformes sectorielles
La trajectoire de croissance, projetée à 4,8 % pour 2026, reste exposée à des vulnérabilités externes, notamment les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la dépendance aux cours mondiaux de l'or et du cacao. Sur le plan domestique, l'institution financière préconise des réformes urgentes pour le secteur de l'énergie, dont les inefficacités coûtent environ 1 milliard de dollars par an, ainsi qu'une restructuration opérationnelle de l'Office du cacao (COCOBOD) pour limiter les risques quasi-fiscaux et protéger les revenus des agriculteurs.