Bien que le Parti démocrate ait remporté le contrôle du Congrès lors des élections du 3 novembre, la capacité d'action de Donald Trump en matière de politique étrangère et commerciale demeure largement préservée. Si les opposants au président américain espèrent infléchir sa stratégie protectionniste, les outils juridiques à la disposition de la Maison Blanche limitent considérablement la portée d'une éventuelle contre-offensive législative.
La persistance du pouvoir exécutif face au Congrès
La victoire démocrate au Sénat et à la Chambre des représentants place Donald Trump dans une position de vulnérabilité politique interne, l'exposant à de probables enquêtes parlementaires. Toutefois, sur le plan commercial, l'administration américaine s'appuie sur des prérogatives exécutives robustes, notamment la section 301 de la loi sur le commerce de 1974. Ce dispositif permet au Bureau du représentant américain au commerce d'imposer des taxes sans requérir l'aval des élus. Les analystes de la banque Lombard Odier soulignent que le blocage des mesures tarifaires sera davantage une bataille judiciaire devant la Cour suprême qu'un simple débat législatif.
L'impasse du droit de veto présidentiel
Le projet des démocrates, porté par Hakeem Jeffries, de légiférer pour annuler les droits de douane dès janvier prochain se heurte à une réalité institutionnelle : le droit de veto. Donald Trump a déjà affirmé son intention d'utiliser ce levier pour protéger ses décisions. Pour passer outre, le Congrès devrait réunir une majorité des deux tiers dans les deux chambres, un scénario historiquement rare puisque moins de 5 % des vetos présidentiels ont été contournés depuis 1789. Cette configuration laisse peu d'espoir à une inversion rapide de la trajectoire tarifaire actuelle.
Des perspectives de durcissement économique
Loin d'un apaisement, les institutions financières prévoient une intensification des tensions. Goldman Sachs et Allianz anticipent une hausse du taux tarifaire effectif américain dans les prochains mois, ciblant potentiellement l'Europe, le Japon et la Chine. Pour Donald Trump, l'usage des droits de douane pourrait également servir de stratégie de diversion face aux pressions politiques internes. Si les pays visés pourraient tenter de résister davantage, le risque d'une escalade commerciale, couplé à des tensions géopolitiques avec l'Iran, fait peser une incertitude durable sur les marchés mondiaux, avec des répercussions possibles sur le coût des matières premières, notamment le pétrole.