L'enseigne d'ameublement Maisons du Monde traverse une période de turbulences financières marquée par une perte nette de 64 millions d'euros au premier semestre 2026. Malgré un refinancement récent, le groupe fait face à une érosion de son chiffre d'affaires et à un marché de l'équipement de la maison durablement fragilisé.
Un recul marqué de l'activité commerciale
La performance semestrielle du groupe reflète une baisse généralisée de la demande. Le chiffre d'affaires a reculé de 7 % sur un an, une tendance qui touche aussi bien les points de vente physiques, en baisse de 5 %, que les plateformes de vente en ligne, qui chutent de 12 %. Le directeur général, François-Melchior de Polignac, attribue ce repli à l'inflation persistante qui pèse sur le pouvoir d'achat des ménages et modifie les habitudes de consommation, les clients privilégiant désormais des options plus économiques ou reportant leurs projets d'équipement.
La pression de la concurrence et des coûts
Au-delà de la conjoncture économique, le groupe pointe du doigt la pression exercée par les nouveaux acteurs de la vente en ligne, notamment les plateformes de type « fast fashion » qui captent une part croissante des budgets des consommateurs. Cette concurrence, couplée à la hausse des coûts logistiques, contraint l'enseigne à une grande prudence. La direction a d'ailleurs prévenu que l'environnement économique ne devrait pas connaître d'amélioration significative dans les mois à venir, rendant les perspectives de croissance incertaines.
Restructuration sous l'égide de nouveaux actionnaires
Face à ces difficultés, Maisons du Monde a opéré un changement majeur dans sa structure capitalistique en juillet dernier. Les fonds britanniques Alteri Investors et Eicos Investment Group détiennent désormais près de 95 % du capital, suite à une opération de conversion d'une large partie de la dette en actions. Ce refinancement a permis d'alléger le passif du groupe, qui s'élevait à 216 millions d'euros fin juin. La nouvelle feuille de route, actuellement en préparation, ne vise pas une expansion rapide, mais se concentre sur la rentabilité à long terme et la modernisation des outils de vente, avec un chantier de rénovation des magasins et du site internet prévu jusqu'en 2027.