Le président du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, a effectué sa deuxième visite officielle en moins d’un an à Paris, où il a rencontré Emmanuel Macron à l’Élysée. La rencontre a abouti à la signature d’un accord de défense, tout en confirmant que les troupes françaises ne reviendront pas sur le sol tchadien, marquant ainsi une redéfinition du partenariat bilatéral après la rupture du cadre militaire fin 2024.
Rencontre à l’Élysée et composition de la délégation tchadienne
Accompagné d’une délégation restreinte, Mahamat Idriss Déby Itno a été reçu par le président français le 13 octobre 2026. Parmi les membres présents figuraient le ministre de la Défense, le général Issakha Malloua Djamouss, le nouveau chef de la diplomatie, Ahmed Kogri, reconnu pour son francophilie, ainsi que le directeur du cabinet présidentiel, Aziz Mahamat Saleh. Cette équipe a souligné la volonté du Tchad de poursuivre le dialogue avec la France tout en recentrant les priorités sécuritaires.
Un accord de défense sans réintégration des troupes françaises
Lors de la cérémonie de signature, le général Issakha Malloua Djamouss et la ministre française des Armées, Catherine Vautrin, ont officialisé un accord de coopération dans le domaine de la défense. Le texte, toutefois, exclut explicitement le retour des forces armées françaises sur le territoire tchadien, une position partagée par les deux chefs d’État. Cette clause reflète la rupture du partenariat militaire qui avait pris fin à la fin de l’année 2024, suite à des désaccords sur la présence française dans la région du Sahel.
Enjeux pour la sécurité régionale et la diplomatie franco‑tchadienne
Le nouveau cadre de coopération vise à renforcer les capacités tchadiennes en matière de renseignement, de formation et de logistique, tout en maintenant un dialogue stratégique avec Paris. Pour la France, l’accord permet de conserver une influence diplomatique dans un pays clé du Sahel sans s’engager dans une présence militaire directe. Pour le Tchad, il s’agit d’une opportunité de diversifier ses partenariats sécuritaires tout en affirmant sa souveraineté face aux interventions extérieures.