Face à la congestion chronique des axes routiers d'Accra, le ministre Mahama Ayariga a formulé une proposition visant à transformer l'usage des voies de circulation pour les bus Aayalolo. L'objectif est de garantir une meilleure ponctualité du service public en autorisant, durant les heures de pointe, l'emprunt temporaire d'une voie située sur la chaussée opposée.
Une stratégie de fluidification dynamique
Le constat dressé par le ministre est sans appel : les aménagements de couloirs de bus permanents, tels qu'ils ont été conçus initialement, n'ont pas produit les résultats escomptés en termes de gain de temps pour les usagers. Pour pallier cette inefficacité, il suggère une gestion dynamique du trafic entre 6h et 9h du matin. Durant cette plage horaire, une voie sur le côté de la route le moins encombré serait réservée aux bus Aayalolo, leur permettant de contourner les embouteillages majeurs et d'assurer une rotation plus rapide.
Sécurisation par escorte motorisée
L'utilisation ponctuelle de voies à contre-sens soulève des enjeux sécuritaires évidents. Pour minimiser les risques de collision, le ministre propose le déploiement d'agents de la Direction du trafic et des transports motorisés (MTTD). Chaque bus circulant sur ces voies temporaires serait escorté par un officier à moto, chargé de signaler la présence du véhicule aux automobilistes circulant dans le sens normal et de garantir la sécurité des manœuvres sur ces axes stratégiques.
Enjeux de viabilité et de fréquentation
Au-delà de la simple gestion du trafic, cette mesure vise à renforcer l'attractivité du système Aayalolo. En améliorant la fiabilité et la rapidité du service, les autorités espèrent inciter davantage de citoyens à délaisser leurs véhicules privés au profit des transports en commun. Cette transition modale est présentée comme un levier essentiel pour réduire la saturation globale des infrastructures routières de la capitale. La viabilité financière du service public, largement soutenu par l'État, dépend en effet directement de sa capacité à attirer une clientèle plus nombreuse.
Concertation interministérielle à venir
La mise en œuvre de ce projet reste conditionnée à une évaluation approfondie de sa faisabilité technique et sécuritaire. Des discussions sont prévues avec l'Inspecteur général de la police, le ministère de l'Intérieur et les agences de sécurité compétentes. Ces échanges devront permettre de valider les protocoles de circulation et d'évaluer les risques avant toute décision formelle d'application sur le réseau routier ghanéen.