Le président ghanéen John Dramani Mahama a plaidé, mardi 1er septembre à Belgrade, pour une alliance renforcée des pays du Sud global au sein du Mouvement des non-alignés (NAM). À l’occasion du 65e anniversaire de la première conférence des chefs d’État ou de gouvernement du NAM, il a souligné l’urgence de transformer la diversité des membres en force collective pour peser davantage dans les décisions internationales.
Une diversité à exploiter pour un Sud global plus audible
Mahama a présenté la diversité des membres du NAM comme un atout majeur, à condition de se concentrer sur les intérêts communs. « Notre diversité est une source de force. En nous appuyant sur nos intérêts partagés, nous pouvons renforcer la voix collective du mouvement et concentrer nos efforts là où ils auront un impact concret », a-t-il déclaré. Le Ghana, pays fondateur du NAM, réaffirme ainsi son attachement à la souveraineté, à la non-ingérence et à la coopération économique entre nations en développement.
Ni Est ni Ouest, mais un Sud global uni vers l’avant
Le président ghanéen a rejeté toute logique de bloc pour privilégier une approche unifiée, indépendante des puissances traditionnelles. « Notre direction reste claire : ni Est ni Ouest, mais ensemble vers l’avant », a-t-il martelé. Cette position s’inscrit dans la continuité de l’héritage du NAM, né en pleine Guerre froide pour offrir une alternative aux alignements géopolitiques imposés. Mahama a appelé à une action concrète, inspirée de l’esprit de Belgrade, pour traduire cette unité en résultats tangibles pour les populations du Sud global.
Ghana, acteur historique d’un multilatéralisme équitable
La participation du Ghana à ce sommet commémoratif rappelle son rôle central dans le mouvement depuis ses origines. Le pays, qui a accueilli la troisième conférence du NAM en 1965, réaffirme son engagement en faveur d’un ordre international plus juste, fondé sur le multilatéralisme et le respect de l’égalité souveraine des États. Cette prise de position intervient alors que les tensions géopolitiques actuelles risquent de marginaliser davantage les pays en développement dans les forums internationaux.