Le gouvernement espagnol a officiellement clos tout débat sur le statut des enclaves de Ceuta et Melilla, réitérant leur appartenance pleine et entière à l'Espagne et à l'Union européenne. Cette déclaration intervient dans un climat de tensions diplomatiques accrues, alimentées par des prises de position récentes au sein du Congrès américain remettant en cause l'intégrité territoriale espagnole sur ces territoires.
La fermeté de la diplomatie espagnole
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a qualifié d'« insensée » toute perspective de souveraineté partagée avec le Maroc. Lors d'une intervention depuis New York, le chef de la diplomatie a martelé que l'intégrité territoriale de l'Espagne n'est pas un sujet de négociation. Cette position a été formellement notifiée au chargé d'affaires de l'ambassade du Maroc à Madrid le 21 août dernier, lors d'une convocation officielle visant à clarifier la position immuable de l'État espagnol.
L'influence des rapports du Congrès américain
La crispation actuelle trouve son origine dans un rapport accompagnant la loi de finances 2027, adopté par la Chambre des représentants des États-Unis le 15 juillet. Ce document, émanant de la Commission des crédits dirigée par le député républicain Mario Diaz-Balart, qualifie explicitement Ceuta et Melilla de « territoire marocain ». Bien que ce texte ne constitue pas une décision exécutive, il encourage le Département d'État américain à favoriser un dialogue diplomatique entre Madrid et Rabat concernant le futur statut de ces villes, une suggestion perçue par Madrid comme une ingérence dans ses affaires souveraines.
Le précédent de Gibraltar comme point de comparaison
Le refus espagnol s'inscrit dans une doctrine constante de défense de ses frontières, marquée par le souvenir du projet de souveraineté partagée sur Gibraltar. En 2001, Madrid et Londres avaient envisagé une cogestion du Rocher, une initiative qui s'était heurtée à une opposition massive des habitants lors d'un référendum en 2002. Si le contexte géographique et politique diffère, l'Espagne utilise ce précédent pour illustrer la complexité et l'impopularité de tels modèles de gouvernance partagée, préférant maintenir un contrôle exclusif sur ses territoires d'outre-mer.