Le système pénitentiaire malgache est au cœur d'une controverse majeure après la libération irrégulière de onze ressortissants chinois. Ces individus, incarcérés pour leur implication dans un vaste réseau de cybercriminalité, ont été extraits de la prison d'Antanimora fin août sans aucune base légale.
Des sorties orchestrées en dehors de tout cadre légal
Le 21 août 2026, le scénario s'est déroulé en deux temps. Cinq détenus ont été libérés moins d'une heure après leur arrivée à la prison d'Antanimora, suivis quatre jours plus tard par six autres, restés seulement trente-deux minutes en détention. Selon les éléments communiqués par le ministère de la Justice, ces sorties ont été facilitées par une demande de transfert non conforme, signée par le directeur de la prison d'Avaradrano et un responsable syndical pénitentiaire. Le motif invoqué, des altercations entre détenus, a servi de prétexte pour contourner la procédure habituelle qui exige une validation hiérarchique et le passage devant une commission dédiée.
Un réseau de cybercriminalité d'envergure internationale
Ces onze hommes faisaient partie d'un groupe de près de 200 ressortissants chinois arrêtés à Madagascar dans le cadre d'une opération de démantèlement d'un réseau d'escroquerie en ligne. L'enquête, menée avec le concours du FBI et des autorités chinoises, avait révélé que ces individus, entrés sur le territoire avec des visas touristiques, opéraient au sein de centres d'arnaques structurés. Les principaux responsables de ce réseau avaient été condamnés à des peines allant de deux à cinq ans de prison ferme.
Une enquête ouverte sur les complicités internes
La découverte de cette fuite a été rendue possible grâce à une inspection ministérielle déclenchée par des alertes circulant sur les réseaux sociaux. Face à cette faille sécuritaire, le ministère de la Justice a lancé des avis de recherche pour retrouver les fugitifs, dont la localisation actuelle demeure inconnue. Le parquet a été saisi pour faire la lumière sur les complicités internes ayant permis cette libération illégale. À ce stade, l'administration cherche à déterminer si les onze individus ont pu quitter le territoire malgache, soulevant des questions critiques sur l'intégrité des procédures de détention et la surveillance des réseaux criminels étrangers dans le pays.