Madagascar : un ancien président du Sénat condamné à 10 ans de travaux forcés pour répression sanglante

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 33 lectures
Madagascar : un ancien président du Sénat condamné à 10 ans de travaux forcés pour répression sanglante
Photo par Richard REVEL sur Pexels

Un ancien pilier du régime Rajoelina jugé pour son rôle dans la répression meurtrière des manifestations de 2025 : la condamnation de Richard Ravalomanana à dix ans de travaux forcés marque un tournant judiciaire et politique à Madagascar.

Un verdict historique dans un contexte explosif

La Cour criminelle d’Antananarivo a rendu un jugement sans précédent mardi en condamnant Richard Ravalomanana, ancien président du Sénat et figure proche d’Andry Rajoelina, à dix ans de travaux forcés. Le général retraité était poursuivi pour complicité de meurtre et de coups et blessures volontaires dans le cadre des violences ayant accompagné les mobilisations de septembre et octobre 2025. Si l’accusation de menaces de meurtre a été écartée pour cause de prescription, les chefs retenus suffisent à établir sa responsabilité dans l’usage disproportionné de la force par les forces de l’ordre.

Des ordres et des responsabilités politiques

Selon l’accusation, Ravalomanana aurait directement contribué à la répression en donnant des instructions aux forces de sécurité lors des manifestations. Ces événements, qui avaient plongé Madagascar dans une crise politique majeure, avaient fait plusieurs victimes parmi les manifestants. Son rôle, alors qu’il dirigeait le Sénat et bénéficiait de la confiance de l’exécutif, soulève des questions sur la chaîne de commandement et la responsabilité des hauts responsables dans les abus commis.

Une procédure judiciaire aux multiples rebondissements

Arrêté en décembre 2025 puis placé en détention provisoire en janvier 2026, Ravalomanana a vu sa situation se complexifier avec une autre procédure judiciaire. En mars 2026, la Haute Cour constitutionnelle a confirmé que les accusations de corruption à son encontre relevaient de la compétence du Pôle anti-corruption, les jugeant détachables de ses fonctions sénatoriales. Ces développements illustrent la pression croissante sur les anciens responsables politiques dans un pays où les attentes en matière de justice transitionnelle restent fortes.

Un appel qui relance le débat sur la justice et la réconciliation

La défense a immédiatement annoncé son intention de faire appel, prolongeant ainsi une affaire qui cristallise les tensions autour de la gestion des violences post-manifestations. Ce verdict, bien que symbolique, pourrait ouvrir la voie à d’autres poursuites contre d’anciens hauts responsables, dans un contexte où la société malgache exige des comptes. Il pose également la question de l’efficacité des mécanismes judiciaires pour traiter les crimes liés à des crises politiques, alors que le pays tente de tourner la page sur une période marquée par des divisions profondes.

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