Douze mois après le basculement politique provoqué par la mobilisation de la jeunesse malgache, le pays navigue entre espoirs de réformes et désillusions persistantes. Si le départ d'Andry Rajoelina a marqué une rupture majeure, la transition dirigée par les militaires peine encore à répondre aux aspirations initiales des manifestants.
Des revendications sociales aux conséquences politiques
Le mouvement du 25 septembre 2025 n'avait pas, à l'origine, vocation à renverser le pouvoir en place. Les jeunes Malgaches étaient descendus dans la rue pour exiger des solutions concrètes face à la précarité quotidienne, notamment les coupures récurrentes d'eau et d'électricité. Cette colère sociale, faute de réponses institutionnelles rapides, s'est muée en une contestation politique radicale, aboutissant à la fin du mandat d'Andry Rajoelina et à l'installation d'un régime de transition sous contrôle militaire.
Le sentiment de trahison au sein de la génération Z
Un an plus tard, le constat est contrasté au sein même de la jeunesse. Pour certains acteurs de la mobilisation, le changement de gouvernance représente une avancée nécessaire, une fenêtre ouverte vers une refondation de l'État. À l'inverse, une partie des manifestants exprime un sentiment de trahison, estimant que les fruits de leur révolte ont été captés par des forces politiques ou militaires qui n'ont pas nécessairement intégré leurs priorités de transformation profonde du système.
Les défis persistants de la transition
Le think tank Diapason souligne que les attentes des citoyens restent intactes sur des enjeux cruciaux. La population attend toujours une amélioration tangible de l'accès aux services essentiels, une garantie effective des libertés publiques et une justice transparente pour les victimes des événements de l'année passée. La question centrale demeure celle de la sortie de la transition : la capacité du pouvoir actuel à organiser un retour à l'ordre constitutionnel tout en répondant aux urgences sociales déterminera si cette séquence historique aura été un véritable levier de changement durable ou une simple parenthèse dans la trajectoire politique du pays.