Le colonel Michaël Randrianirina a sollicité, lors d'un entretien à Bruxelles avec la vice-présidente de la Commission européenne Kaja Kallas, un appui technique et financier pour accompagner le processus électoral malgache. Cet échange marque une étape clé dans la volonté de la Grande Île de garantir la transparence de son retour à l'ordre constitutionnel, prévu au plus tard fin 2027.
Un calendrier électoral sous haute surveillance
Le chef de l'État malgache a réitéré son engagement à respecter le chronogramme transmis à la SADC, qui prévoit un référendum ou une élection constitutionnelle entre mai et juillet 2027, suivi d'une élection présidentielle avant la fin de la même année. La refonte actuelle des listes électorales et la réforme de la gouvernance de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) constituent les piliers de cette transition. Toutefois, la coordination avec les résolutions attendues du FFKM, dont le calendrier pourrait déborder sur les échéances fixées, représente un défi logistique majeur pour le respect des délais.
La concertation nationale au cœur du processus
La transition repose sur une vaste concertation nationale, structurée depuis les fokontany jusqu'au niveau central. Si le président a multiplié les consultations auprès des forces politiques, de la société civile et des forces de sécurité, une incertitude demeure quant à la primauté des décisions. La question de la légitimité finale, entre les recommandations issues des consultations préalables et les conclusions de la concertation nationale présentée comme souveraine, reste un point de vigilance pour la stabilité du processus.
Vers un élargissement du partenariat économique
Au-delà de l'enjeu électoral, la rencontre a permis d'aborder le renforcement de la coopération économique entre Madagascar et l'Union européenne. Déjà engagé dans le financement d'infrastructures stratégiques comme la RN6, Bruxelles est sollicité pour attirer davantage d'investisseurs européens. L'objectif affiché par les autorités malgaches est de répondre aux attentes de la jeunesse, dont les mobilisations en 2025 ont souligné l'urgence de créer des opportunités d'emploi durables. L'appui européen, s'il se confirme, pourrait ainsi servir de levier tant pour la réforme institutionnelle que pour le développement économique du pays.