Après plusieurs mois d'interruption, Madagascar a officiellement repris l'exportation légale d'or, marquée par le passage de 2,60 kg de métal précieux via le Guichet unique d'Ivato. Cette réouverture s'inscrit dans une stratégie de régulation stricte visant à assainir une filière historiquement marquée par des enjeux de rapatriement de devises et de fraudes massives.
Un dispositif de contrôle centralisé
Le nouveau cadre opérationnel repose sur une coordination inter-agences au sein du Guichet unique d'Ivato. Ce dispositif regroupe désormais l'administration minière, la Centrale de l'or, le Laboratoire des mines, le Trésor, la Douane et l'Agence nationale anti-fraude. Avant toute autorisation de sortie, le métal doit être présenté sous forme de lingots, dont le poids et la pureté sont certifiés par le laboratoire, suivis d'une contre-vérification systématique lors de l'embarquement à l'aéroport.
Obligations accrues pour les exportateurs
L'accès à l'exportation demeure sélectif et strictement réservé aux entreprises détentrices d'un agrément de comptoir. Ces opérateurs sont désormais soumis à un cahier des charges rigoureux, incluant l'obligation de vendre à la Banque centrale de Madagascar une quantité d'or équivalente à celle destinée au marché international. À moyen terme, les autorités ambitionnent d'imposer un passage obligatoire par une raffinerie nationale, une mesure destinée à accroître la pureté du métal et à maximiser la valeur ajoutée conservée sur le territoire.
Le défi persistant de la lutte contre la fraude
Cette reprise intervient dans un climat de vigilance accrue face à la persistance des circuits clandestins. La saisie récente de près de six kilos d'or à l'aéroport d'Ivato, ayant conduit à la détention préventive de huit personnes — dont des agents des douanes et de sécurité — illustre l'ampleur du défi. Avec plus de 12 kg d'or saisis au cours du premier semestre 2026, les autorités font face à des méthodes de dissimulation sophistiquées, allant de la modification d'objets électroniques à l'utilisation de passagers complices.
Un test pour la traçabilité nationale
La réussite de cette nouvelle phase dépendra de la capacité du gouvernement à rendre le circuit officiel plus attractif et sécurisé que le marché noir. Si la centralisation des contrôles constitue une avancée technique, l'enjeu pour Madagascar reste de démontrer que ces mesures administratives suffiront à capter une part significative de la production aurifère nationale, tout en garantissant une transparence totale sur les flux financiers générés par cette ressource stratégique.