Le gouvernement malgache a franchi une étape décisive dans le processus de transition en nommant, le 3 septembre 2026, les membres du Comité technique de la Concertation nationale. Cette structure pluraliste, placée sous l'égide de la Primature, est désormais chargée de coordonner les débats nationaux qui doivent aboutir à une refondation institutionnelle avant les échéances électorales de 2027.
Une architecture opérationnelle pour la transition
Le Comité technique, instauré par le décret n°2026-1543, a pour mission principale d'épauler le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) dans la conduite des consultations. Son rôle est stratégique : il assure le suivi du calendrier, la coordination technique des travaux et la transmission des résolutions au gouvernement pour leur application. Ce mandat est limité dans le temps, puisqu'il prendra fin lors de l'investiture du futur Président de la République élu.
Un processus inclusif et multisectoriel
La composition du comité reflète une volonté d'associer les forces vives de la nation pour renforcer la légitimité du processus. Outre les représentants des ministères clés et de la Présidence, l'instance intègre des membres du FFKM, des représentants des autres églises chrétiennes, de la communauté musulmane, des Raiamandreny ara-drazana, ainsi que des acteurs de la société civile et du secteur privé. Le comité accorde également une place aux organisations de jeunes, aux associations de protection des consommateurs et aux fédérations représentant les personnes en situation de handicap et les personnes atteintes d'albinisme.
Vers un calendrier électoral exigeant
Le lancement de ce comité intervient alors que le pays s'apprête à déployer des consultations progressives, débutant au niveau des fokontany pour remonter jusqu'à une synthèse nationale prévue en mars 2027. Ce chronogramme, validé dans le cadre du Programme de la Refondation et partagé avec la SADC, vise à préparer le terrain pour un référendum ou une élection constitutionnelle entre mai et juillet 2027, suivis d'une élection présidentielle. Parallèlement, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) travaille sur la refonte des listes électorales, un chantier jugé crucial pour garantir la crédibilité des futurs scrutins.
Les défis de la mise en œuvre
Si l'arrêté du 3 septembre marque le passage à une phase opérationnelle, la réussite de cette concertation dépendra de la capacité du comité à respecter les délais annoncés. La formation des facilitateurs sur le terrain et la poursuite des discussions sur la gouvernance électorale au Palais d'État d'Iavoloha constituent les premiers tests de cette structure. La pression reste forte, tant au niveau national qu'international, pour que ce processus débouche sur des élections inclusives et apaisées, conformément aux attentes de la population malgache.