Dans le cadre du processus de « Refondation » nationale, le chef de l'État malgache, le colonel Michaël Randrianirina, a annoncé la création prochaine de trois nouvelles entités institutionnelles. Cette initiative vise à renouveler la gouvernance en intégrant majoritairement des jeunes, notamment ceux ayant pris part aux mouvements de contestation de septembre et octobre 2025.
Le Conseil consultatif et le CESC au cœur de la stratégie
La première structure annoncée est le « Conseil consultatif de la Refondation », composé d'environ soixante-quinze membres. Cette entité aura pour mission de définir les orientations concrètes du processus de refondation. Parallèlement, le chef de l'État entend opérationnaliser le Conseil économique, social et culturel (CESC), une institution prévue par la Constitution. La loi organique régissant le CESC, déjà validée par l'Assemblée nationale et la Haute Cour constitutionnelle, prévoit un effectif de cent onze membres, dont au moins 50 % doivent être issus de la jeunesse.
Une nouvelle approche de la lutte anti-corruption
Le troisième pilier de cette réorganisation concerne la lutte contre la corruption. Constatant l'inefficacité perçue des structures actuelles, le colonel Randrianirina a exprimé sa volonté de créer une entité dédiée, indépendante des circuits politiques traditionnels. Ce projet répond à un constat sévère : la corruption demeure, selon lui, le principal moteur de la paupérisation du pays. Le chef de l'État a par ailleurs prévenu ses collaborateurs que l'engagement passé dans la lutte politique ne constituerait en aucun cas une immunité contre d'éventuelles sanctions en cas de dérives.
Les défis structurels de l'impunité
Si la volonté politique est affichée, l'efficacité de ces nouvelles structures se heurtera aux obstacles juridiques persistants. Des ateliers récents, impliquant le Comité pour la sauvegarde de l'intégrité (CSI) et le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), ont mis en lumière le poids des immunités et des privilèges de juridiction qui entravent l'action judiciaire. Bien que la levée de certains verrous nécessite une révision constitutionnelle, des ajustements législatifs et procéduraux sont identifiés comme des leviers immédiats pour contourner ces barrières. L'enjeu pour le pouvoir sera de transformer ces annonces en un environnement dissuasif capable de prévenir les pratiques illicites, au-delà de la simple création de nouvelles instances.