Une vague de protestations étudiantes à Antananarivo a débouché, il y a un an, sur la chute du gouvernement le 11 octobre, ouvrant la voie à une prise de pouvoir militaire. Le général Michaël Randrianirina, à la tête du nouveau régime, a annoncé une transition de deux ans maximum et la tenue d'un référendum prévu en juin 2027.
Des manifestations qui ont précipité la crise
Des milliers de jeunes Malgaches ont défilé dans la capitale pour dénoncer l'écart entre les promesses de l'État et la réalité quotidienne. Leurs revendications portaient sur l'emploi, l'éducation et la lutte contre la corruption. Cette mobilisation a créé un climat d'instabilité qui a culminé le 11 octobre, lorsque le gouvernement a démissionné sous la pression des manifestants.
Prise de contrôle par l'armée et promesse de transition
Dans le vide politique laissé par la démission, les forces armées ont rapidement assumé le pouvoir. Le général Michaël Randrianirina, chef de l'état-major, a déclaré que la transition serait « délimitée à deux ans au maximum », afin de restaurer l'ordre et de préparer le pays à un retour à la démocratie. Cette promesse vise à rassurer tant la population que les partenaires internationaux, qui redoutaient un glissement vers un régime autoritaire.
Le rôle de la France dans la nouvelle dynamique
Le général Randrianirina a été reçu à l'Élysée la semaine dernière par le président Emmanuel Macron. La rencontre, officielle, a permis d'évoquer la coopération sécuritaire, le soutien économique et la planification du référendum. Bruno Fuchs, président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale française, a expliqué que la France suivait de près l'évolution politique à Madagascar, soulignant l'importance d'un processus transparent et inclusif pour la stabilité régionale.
Le référendum de juin 2027 : enjeux et attentes
Le calendrier annoncé prévoit un référendum constitutionnel en juin 2027, qui devrait déterminer la forme du régime post‑transition, les pouvoirs du président et les garanties des libertés civiles. Les observateurs locaux et internationaux insistent sur la nécessité d'un cadre juridique clair, d'une participation citoyenne large et d'un suivi impartial pour éviter les dérives.
Perspectives pour la société malgache
Si la transition se déroule dans les délais annoncés, elle pourrait offrir une fenêtre d'opportunité pour réformer les institutions, relancer l'économie et répondre aux aspirations des jeunes qui ont déclenché la crise. En revanche, tout retard ou manque de légitimité du processus pourrait raviver les tensions sociales et compromettre les investissements étrangers, notamment ceux liés aux projets d'infrastructure soutenus par la France et d'autres partenaires.